A seulement 17 ans, Marvin Ghislandi a déjà éclaboussé la D1 belge de futsal de toute sa classe. A l’époque, le jeune Carolo a dû de s’expatrier à Mouscron pour laisser exploser son talent. On se souvient d'une rencontre où le gaucher a su mettre tout le monde d’accord. Si bien qu’il a frappé dans l’œil du passionné, Aldo Troiani, à la tête du Futsal Team Charleroi. La relève du futsal belge a désormais un visage.

Chez les Carolos, malgré un temps d’adaptation, le jeune homme a progressé. Il a accumulé les minutes de jeu et s’est imposé dans l’équipe. Sous Zico, notamment, il a pris une autre envergure. Son association avec Omar Rahou fut terrible. Plus mature, le fils de Joseph n’hésita pas à prendre sa chance. Ses missiles avec son puissant pied gauche rataient rarement la cible. Même en équipe nationale, il prit de plus en plus de place.

Les experts et ses pairs ne s’y trompent pas. A trois reprises, il est élu meilleur espoir du futsal belge. Mais cela ne suffit pas à le satisfaire. Son objectif: "une place dans le Top 10 du Soulier d’or."


Auréolé d’un premier titre de champion de Belgique et barré par les mesures liées à la Covid-19, Marvin Ghislandi a dû s’y résoudre. Pour poursuivre sa progression, il était dans l’obligation de s’expatrier. Le jeune homme rejoint alors la série A2 italienne, l’équivalent de la D2, alors qu’il aurait pu évoluer au sein de l’échelon principal…

 

"J'aurais pu signer en D1", avoue aujourd'hui le jeune homme de 21 ans. "Mais j'avais donné ma parole à Bernalda. J’ai obtenu ce défi via Aldo Redivo, ancien gardien de Charleroi notamment. Le club a vu mon profil et il voulait m'avoir avec lui. C'est important de savoir que l’entraîneur compte sur vous. De plus, la proposition du club était correcte. C’est l’occasion pour moi de faire évoluer mon niveau, tout en découvrant un nouveau championnat."

 Le club occupe actuellement une place dans le top 6 du championnat, avec pour objectif les playoffs. Pour Marvin Ghislandi, il s’agit d’un nouveau terrain de jeu.
 

"Je suis très content d'avoir pu signer là-bas. La série A2 est un bon niveau. C'est totalement différent de la Belgique. Le jeu est moins technique et plus basé sur la tactique, surtout défensivement. Ici, toutes les équipes se valent. Quand je suis arrivé, le club était neuvième. L'objectif est de disputer la phase finale. Pour cela, il faut terminer dans le top 6. Désormais, le club est dans le bon wagon."


Dans les plans de l’entraîneur, Marvin Ghislandi apporte assurément un plus, malgré son jeune âge. En Italie, tout se passe bien pour lui, à l’exception d’une rencontre spéciale…

"Au cours d’un match, l’arbitre a refusé que je monte sur le terrain avec mes lunettes. Pourtant, je les porte à chaque rencontre, depuis des années, que ce soit en Belgique ou sur la scène internationale. Finalement, le club a porté plainte. On a su trouver une solution pour que je puisse évoluer avec mes lunettes. J’ai dû prouver qu’il s’agissait d’un dispositif sportif. Le plus drôle ? J’ai été forcé de disputer un match sans mes montures et j’ai… marqué !"

En Italie, au cœur d’un village de 13.000 habitants, le jeune homme a découvert Bernalda. "C'est près Matera, dans le Sud. C'est près de la mer. C'est petit village. La salle se trouve à dix minutes à pied. On joue le samedi après-midi et on a la chance de s’entraîner sept fois par semaine. Il y a un bel engouement pour le sport ici, une certaine ferveur même. Je vis avec un autre joueur, un Français. On est dans une maison. Mon père est venu me rendre visite, il y a quelques semaines. C’est un cap de quitter la maison si jeune, ses parents et sa compagne. Ce n’est pas simple tous les jours. Mais c’est une expérience de quelques mois. Je dois saisir cette chance. C'est un choix sportif. Je ne peux pas louper des occasions de découvrir l'étranger. J'ai tout le soutien de mes proches et de mes amis."

© DR


Ses rêves passent par l'Italie... ou l'Espagne

Marvin Ghislandi rêve de vivre de sa passion, au plus haut niveau. " Honnêtement, moi, comme tout joueur, je voudrais découvrir mon potentiel à son maximum. Je veux atteindre le meilleur niveau possible. En Italie ou en Espagne, ce sont des championnats d’une grande qualité. Ici, c’est un projet de quelques mois. Une année tout seul, ce serait compliqué. Ou alors j’aurais besoin de ma compagne avec moi pour partir plus longtemps."

Le jeune homme peut compter sur ses aînés pour l’encourager, à l'instar d'Omar Rahou qui a également effectué le grand saut à San Giuseppe, en série A. "On échange et on parle de notre expérience. J'ai encore eu Omar, il y a quelques jours. On parle souvent. J’ai également de bons contacts avec Leo. De mon côté, je me concentre sur mon jeu. J’essaye de faire ma place comme j’ai pu le faire à Charleroi."