Charleroi

Dimanche, Alex Czerniatynski, l'entraîneur de l'Olympic new look, leader provisoire de la D1 amateurs, ne prendra pas le car de La Neuville pour affronter Rupel Boom. Il est là-bas chez lui!

Alex Czerniatynski vit à quelques centaines de mètres du stade de Rupel Boom, là où "son" Olympic tentera de poursuivre sa belle entame de saison en D1 amateurs. Quelques jours avant ce duel particulier, le bel Alex nous a permis de visiter en sa compagnie son biotope habituel et de nous faire visiter les coins sympas de sa région.


Un bilingue à l'accent carolo

« Cela fait plus de 30 ans que je suis installé ici, à Rumst. Freya, mon épouse depuis 32 ans, est originaire du coin et a trouvé un beau terrain dans une rue très calme. Voilà comment après une dizaine de déménagements, je me suis retrouvé fixé en Flandre. Je ne parlais pas un mot de la langue, je m'y suis mis rapidement et, désormais, même si on note encore chez moi un faible accent carolo (rires), je pense être complètement bilingue», rigole ce natif de la maternité Reine Astrid...accolée, à l'époque, au stade du Mambourg.

Côté politique, Alex, qui vote là-bas, n'en dira pas beaucoup plus : "Je n'ai jamais rencontré de souci mais il faut dire que je vis dans un quartier privilégié. Ce que je peux juste vous dire, c'est que certains politiciens d'ici n'ont rien à envier à ceux de chez vous. Tout ne va pas forcément mieux...»


Il est ici chez lui

La visite débutait par celle du stade qui sera le cadre de la joute de dimanche. Situé dans un véritable écrin de verdure et dans un quartier plutôt résidentiel, le "gemente parkstadium" de l'Acacialaan n'a rien à envier à certaines pelouses de Pro League. Longtemps d'ailleurs le KFC Boom fit les belles heures de nos D1 ou D2 nationales avant de connaître les affres de beaucoup de clubs et de fusionner avec le voisin de Rupel .

© Ghislain

« Je me rappelle même de deux derbies mémorables alors que j'étais à l'Antwerp.» Ici, Alex est aussi chez lui, une porte entreouverte, un vélo posé à l'entrée et il franchit allégrement le pas. "Iemand hier ?". Il engage la conversation avec un préposé et nous voilà sur le terrain. « C'est une magnifique pelouse, sans doute une des plus belle de la série », commente notre guide.


Au pays de Tomorrowland

Bien décidé à nous faire apprécier le coin, Alex Czerniatynski nous emmène cette fois à quelques centaines de mètres de là, sur le site de Tommorowland. Difficile de croire que ce magnifique écrin de verdure devient 2 semaines par an le temple de la musique électronique. Tout y respire le calme , la sérénité et même la propreté. Des mamans y baladent leurs rejetons entre les jets d'eau et les bordures fleuries. 

© Ghislain

« Tout au début, on distribuait chez le boulanger des places gratuites à l'achat d'une tarte ! (rires). C'est désormais devenu un barnum extraordinaire et 100 000 personnes rejoignent l'endroit venant des 4 coins du monde. Il faut le voir pour le croire. Et parfois en tant que riverains, nous nous amusons parfois à voir débarquer les cars de touristes. Côté nuisances, personnes ne se plaint vraiment et ceux qui ne sont pas fans en profitent pour partir en vacances. La commune par contre engrange pas mal d'argent et, finalement, tout le monde s'y retrouve. Ce qui est impressionnant, c'est la vitesse avec laquelle tout se monte et tout se démonte», poursuivait Czernia qui avoue que, de chez lui, il entend les concerts.

Alex nous propose ensuite de l'accompagner chez son boulanger. Pas de bol, c'est jour de fermeture hebdomadaire : « C'est le seul commerce de la commune. C'est le seul bémol, nous sommes relativement loin de tout mais c'est aussi le prix de la tranquilité. Et pour les jeunes, il faut bien avouer que c'est un peu tristounet."


Du boulanger à l'étang de pêche

Qu'à cela ne tienne, Alex nous conduit cette fois au bord d'un étang, dans un joli parc. Pas un papier gras, pas un mégot à terre... "Moi mon truc c'est plutôt la pêche en mer. J'aurais d'ailleurs aimé habiter sur la côte et cela même si j'ai tout essayé pour... ne pas être malade sur le bateau. Je me rappelle de parties épiques au large où nous passions plus de temps à vomir qu'à pécher. La pêche en étang, c'est plutôt le truc de mon fiston, Nicolas, qui dès qu'il en a le temps vient ici, à 2 minutes de la maison, taquiner le goujon. »

Le fils d'Alex, forcément élevé dans les deux langues et 31 ans aujourd'hui, a tâté avec un certain succès au ballon rond : "Il fut meilleur buteur en espoirs, ici à Boom en D2 , mais porter notre nom fut pour lui un handicap et rapidement il décrocha. Aujourd'hui, il joue encore avec des copains mais dans la discrétion et c'est bien ainsi. »

© Ghislain

Même s'il est obligé d'avaler des kilomètres, Alex Czerniatynskia a trouvé à Rumst une évidente sérénité. "Je fais entre 1200 et 1400 km par semaine en voiture mais cela ne me dérage pas. Je pars vers 14h30 pour Charleroi, je passe dire bonjour à mes deux soeurs et à ma maman, toujours dans la région, et puis direction entraînement car j'aime préparer au calme mes séances."


"De mes anciens partenaires, c'est Michel Preud'hommme que je vois le plus"

A 59 ans, le coach de l'Olympic, joueur à la carte de visite des plus intéressantes, a su préserver des valeurs essentielles: la gentillesse, la disponibilité et une belle humilité, qualités que beaucoup de ses congénères, au passé souvent moins glorieux ont parfaitement oubliées. « Il m'arrive encore de croiser certains partenaires, mais le seul, pour ainsi dire, avec qui je reste en contact fréquent est Michel Preud'homme, avec qui j'ai joué à Malines . »

Et en ce mercredi, jour de congé des Dogues, Alex ne resta pas les bras croisés, s'en allain tronçonner une bonne centaine de sapins qui lui faisait trop d'ombre...