En cas d'arrivée aux portes de l'équipe première, clubs et jeunes pourraient être les victimes de la nouvelle règlementation concernant les désaffiliations au sein des clubs de football, prévue du 1er au 30 avril.


Pour les milliers de jeunes footballeurs à travers le pays, la période pour se désaffilier de son club en vue d’une future inscription dans un autre cercle ira du mercredi 1er avril au jeudi 30 avril . Cela concerne des milliers de jeunes footballeurs à travers tout le pays.

La nouvelle règlementation prévoit qu’il n’y a désormais plus d’indemnités de formation à payer directement au club en cas de désaffiliation d’un jeune joueur et de réinscription ailleurs.

Une très bonne nouvelle dans la grande majeure partie des cas pour les parents, parfois contraints d’ouvrir le portefeuille pour simplement permettre à leur(s) enfant(s) de pratiquer leur passion ailleurs.

Une indemnité si le jeune évolue en équipe première

Mais ceux-ci doivent néanmoins se montrer prudents car cette indemnisation de formation n’est pas tout à fait abandonnée. Elle devra en effet être due si l’enfant en question est aligné un jour sur la feuille de match d’une équipe première. Même 4 ou 5 ans plus tard après son changement de club !

Ainsi, le règlement indique que "une indemnité de formation sera due par le nouveau club au(x) club(s) de la Communauté francophone ou germanophone qui (a) ont donné une formation au joueur (à la joueuse) durant la période de formation à partir du moment où ce joueur sera inscrit sur la feuille de match officiel d’une équipe première" .

Cette indemnité de formation (chez les garçons), indexable annuellement (Art. B131), s’élève à:

  • 91,50 EUR par saison de formation du joueur U6 jusqu’à U11 inclus;
  • 189,00 EUR par saison de formation du joueur U12 jusqu’à U17 inclus;
  • 371,80 EUR par saison de formation du joueur U18 jusqu’à U21 inclus.

Des jeunes privés de foot adulte

Aligner pour la première fois un "jeune" en équipe première pourrait donc avoir de grosses conséquences financières pour les clubs (ou les parents...). Qui privilégieraient par conséquent les joueurs pour lesquels il n’y a pas d’indemnités de formation à payer.

"Le principe de l’indemnité de formation n’est tout simplement pas une bonne chose. La paiement de la cotisation annuelle, à mon sens, inclut déjà le prix de la formation donnée par les clubs. Imagine-t-on demander une indemnité de formation pour un élève qui changerait d’école en cours de route…" , indique Paul Strecker, du club d’Auderghem.

Mais il est difficile dès le plus jeune âge de savoir si l’enfant jouera un jour ou non au sein d’une équipe première. Et difficile également pour les clubs amateurs de sortir une somme qui peut dépasser le millier d’euros pour coucher le nom d’un jeune sur une feuille de match en P3. Surtout que le club concerné ne pourra pas récupérer ce montant en cas de départ un an plus tard du jeune en question.

Pour éviter cela, il est toujours possible aux clubs, en dehors de la procédure de désaffiliation, de s’entendre entre eux, pour trouver un accord à l’amiable selon la procédure du transfert.

"Dans les faits, on s’entend avec tout le monde" , appuie Paul Strecker. "Nous ne demandons pas d’argent en cas de demande de transfert d’un jeune. En réalité, personne n’agit comme ça autour de nous. Les parents doivent donc être très vigilants sur le choix à faire quand ils souhaitent changer leur(s) enfant(s) de club, car cela peut avoir un impact important pour la suite de leur parcours. La désaffiliation n'est pas la seule solution à envisager. Cela peut être un piège qui se refermerait sur la pratique d’un jeune désireux, d’un jour, jouer en équipe première."


Vidéo explicative de la nouvelle règlementation par l'ACFF