Les championnats de foot amateur étaient déjà à l'arrêt jusqu'au 1er novembre, et même jusqu'au 8 novembre pour la nationale 1. Depuis ce vendredi, on sait que le ballon rond ne roulera plus chez les adultes avant le 19 novembre. Il en va de même pour toutes les autres compétitions concernant des plus de 18 ans.

Face à cette annonce, attendue, les équipes premières doivent d'adapter alors que la situation des équipes de jeunes, à l'arrêt jusqu'au U14 y compris ce week-end, sera réévaluée sous peu par l'ACFF.

Henri Pensis, directeur sportif du RCS Brainois (D3 ACFF): "Prolonger les congés des joueurs"

"Ce n’est pas évident de devoir composer avec ce report de semaine en semaine. Je pense qu’il est peut-être grand temps qu’ils prennent des décisions une fois pour toute et qu’on sache quoi faire. Fixer une date de reprise plus tard, par exemple aux alentours du 15 janvier, aurait été plus facile à appréhender pour les clubs. De notre côté, nous avions mis les joueurs en congé avec un programme individuel à suivre suite à la première annonce de l’arrêt des championnats. Nous devions nous revoir mardi pour envisager la suite mais avec ce nouveau report, on va sûrement prolonger les congés des joueurs."

Miguel Capilla, T1 de Stockel (D3 ACFF): "Reprendre le 8/11 était utopique"

"Comme il y a eu quelques cas positifs dans l’équipe, nous avions mis les joueurs en congé jusque’à mercredi et nous avons repris ce jeudi avec tous ceux qui étaient négatifs. Cette date du 19 novembre, si des mesures supplémentaires ne sont pas prises d’ici là, elle semble plus réaliste que celle du 8 novembre qui me paraissait utopique. Ici, avec un arrêt d’encore un mois, on peut plus facilement se projeter et prévoir un planning de préparation. Mettre les joueurs en congé n’était pas une option pour nous. Maintenant, reste à savoir si le 19 novembre, on reprendra le championnat face à l’adversaire prévu à cette date-là ou si on reprendra là où il s’est arrêté."

Giovanni Dolore, responsable de la section féminine au RCSC : "Enfin, des décisions logiques pour les jeunes !"

Dans le Hainaut, Giovanni Dolore est une référence en matière de stages. Chaque année, il met sur pieds des ateliers sportifs, durant les fêtes, pour garçons et filles. "C'est un soulagement, les dernières décisions", lance celui qui est également responsable de la structure féminine du Sporting de Charleroi. "Je n'osais pas imaginer les vacances de Toussaint, avec des enfants enfermés chez eux, surtout si on parle d'un futur reconfinement... La santé est essentielle. Mais désormais, on a des décisions logiques, en permettant les entraînements pour les jeunes jusqu'à 18 ans. En respectant les mesures sanitaires, ils peuvent poursuivre leur passion et se dépenser."


Franco Scimemi, président de Gosselies, s'inquiète pour l'avenir : "C'est pire que mieux..."

"Avant les dernières décisions, un enfant pouvait venir avec ses deux parents", explique Franco Scimemi, le président de Gosselies. "Cela représentait deux entrées au stade. Il y avait également la buvette. Désormais, c'est un seul parent. C'est parce que vous me posez la question, mais, oui, économiquement, c'est une catastrophe."

L'homme se soucie aussi et surtout de la santé. "Est-ce une bonne idée de laisser les jeunes poursuivre dans la situation actuelle ? Je suis papa et également le grand papa de Gosselies. Je pense à mes gamins. Oui, nous respectons les mesures et nos formateurs font le maximum. Mais, aujourd'hui, on ne fait plus de la formation. Toute notre attention est fixée sur la sécurité. Par contre, le maintien des stages est une bonne nouvelle. Actuellement, le club vit bien. Mais on ne pourra pas tirer sur la corde jusqu'à la fin des temps. On va devoir dégager des solutions pour la fin de cette année, début de l'année prochaine."

En ce qui concerne les équipes premières : "Sincèrement ? On devrait tout arrêter. Comment voulez-vous poursuivre dans de telles conditions ? On va laisser passer sept matches, avant notre prochaine rencontre. Et quoi ? On va jouer un match et puis en sauter deux ? J'attends vraiment les prochaines mesures de l'ACFF avec impatience."

Gabor Bukran, T1 de Couvin : "Vu l'évolution de la crise, on s'y attendait."

Dans les rangs de Couvin-Mariembourg Fraire, on n'est pas étonné de la prolongation de l'arrêt de la compétition jusqu'au 19 novembre. "Vu l'évolution de la crise, on s'y attendait. On devait normalement aller à Rebecq le 7 novembre. Cela fait deux week-ends en plus sans jouer, cela ne nous arrange pas puisque la période sans jouer est plus longue. Je ne pense pas qu'on va arrêter totalement durant cette période", explique le coach Gabor Bukran. Les Fagnards se sont entraînés normalement ce mardi et ce jeudi. "On était 14 mardi et 12 jeudi. On va sans doute s'entraîner différemment dans les prochains jours sans pour autant faire du foot-tennis, mais on va peut-être alléger un peu le rythme tout en faisant quelque chose de correct. Ce samedi, on va aussi essayer de faire une opposition à 11 contre 11, en complétant le groupe avec des joueurs de la P3. Je voulais déjà le faire les semaines précédentes mais pour cela, il doit y avoir assez de présences aux entraînements. On n'a pour l'instant joué qu'avec un seul système de jeu, j'aimerais en travailler d'autres mais je dépends des joueurs. Si j'ai par exemple plusieurs absents dans ma ligne arrière, c'est compliqué".

Manu Rousselle, T1 coach d'Aische : "Il faut garder le rythme"

Malgré cette période faite d'incertitudes, les entraînements ont été assez bien suivis à Aische ces dernières semaines. "On était 16 ce lundi et 17 ce jeudi. Il y avait du monde et de la motivation. J'en ai même été surpris", affirme le T1 Manu Rousselle. Malgré la certitude de ne pas jouer officiellement jusqu'au 19 novembre, les Hesbignons continueront à s’entraîner. "Il faut au moins qu'on garde le rythme et qu'on continue à se voir car si on stoppe complètement et qu'on peut finalement jouer après le 19 novembre, on sera à la ramasse." Le staff va, lui, devoir trouver des solutions pour maintenir les joueurs concernés. "Ils sont demandeurs mais on va tout de même devoir trouver des exercices pour s'amuser. Des petits jeux et de la possession par exemple. Si on n'a pas le droit de jouer en amical avant le week-end du 21, ça sera par contre compliqué de se jauger."

Samuel Petit, T1 de Habay : "Sortir de cette situation métro, boulot, dodo"

"Qu'on soit d'accord ou non, il faut respecter ces décisions et privilégier la santé de tous, estime le coach habaysien Samuel Petit. "Pour le moment, nous tournons à trois séances par semaine. Il est important que les jours gardent le rythme, mais également qu'ils sortent de cette situation métro, boulot, dodo. Pour le moment, les entraînements sont très bien suivis, tout le groupe reste concerné. Malgré tout, nous restons très prudents par rapport au Covid. Si un joueur a des symptômes, ou s'il a été en contact avec une personne positive, il reste à l'écart et ne vient pas s'entraîner. Je profite également de la situation pour faire monter des jeunes U17 ou U19 pour se jauger au noyau première. Pour le moment, je suis agréablement surpris de la motivation de mes gars. Jeudi soir, ils ont réalisé une séance de haut vol au niveau de l'intensité. Alors oui, nous n'allons peut-être pas continuer sur un rythme de trois séances par semaine, nous allons peut-être diminuer un peu la charge de travail durant deux à trois semaines, mais nous n'allons certainement pas rester au repos pour autant."

Jean-Marc Servais (Pont-à-Celles) : "Il faut suspendre certaines charges..."

En quelques minutes, tout peut changer. Alors qu'il ne pouvait pas trouver de logique des décisions du fédéral ce matin, Jean-Marc Servais apprenait le choix de l'ACFF d'aller à contre-courant des mesures prises par le CNS, au moment de notre interview. Les jeunes, au-dessus des U13, sont donc aussi à l'arrêt jusqu'au 19/11.

"C'est plus cohérent", explique l'un des responsables de Pont-à-Celles. "On va donc poursuivre les rencontres avec les catégories U6 jusqu'aux enfants de 12 ans. Pour le reste, on fera le point au niveau des entraînements." Néanmoins, l'homme explique : "J'espère que l'ACFF va suspendre certaines charges, comme ce fut le cas durant l'été. Ce sont des mois sans la moindre rentrée. On doit annuler nos tournois, car sans la buvette et les vestiaires, ils ne sont pas viables. J'aurais vraiment aimé une vision sur le long terme."