Inusable. Inoxydable. Amoureux du football, certainement. Peu importent les qualificatifs quand on évoque le nom de Dimitri Habran, il en ressort toujours une disponibilité et une longévité que le bonhomme entretient en prenant un malin plaisir à les tourner en dérision, ou presque.

Habran ne s’est pas contenté, ce week-end, d’être pour l’éternité le premier gardien aligné à l’échelon national par le Stade Disonais, un club créé alors qu’il était à l’époque la doublure de Carini et Sunsjara au Standard.

"J’entre aussi dans l’histoire de Gouvy, fait-il remarquer, grand sourire aux lèvres. Vous retiendrez que c’est moi qui ai inscrit leur premier but en nationale. Un ballon mal dégagé par Vandebon sur mon poteau. Il m’est revenu sur l’épaule et je l’ai poussé au fond !"

A un âge respectable, les gardiens épargnés par les aléas du foot et souvent poussés par la passion, ont parfois quelques belles années à ajouter pour boucler une carrière. Mais à l’image d’Alberto Cifuentes, l’emblématique gardien castillan de Cadix entré dans l’histoire de la Liga ce mois-ci en y effectuant ses débuts à plus de 41 ans, les exemples se font plus rares en gravissant les niveaux.

Dimitri Habran conservera sa place entre les perches disonaises ce mercredi soir à Mormont, là où il avait disputé sa dernière rencontre nationale avec Cointe, il y a deux ans et demi. La retraite, il n’y songe pas.

"Le foot, c’est ma vie. Sans foot, c’est un manque ! Je me sens vraiment bien, je rate rarement un entraînement et j’entraîne toujours les jeunes gardiens à Dison", raconte celui qui idolâtre Bodart et Grobbelaar.

Heureux Stade Disonais de posséder un (second) gardien aussi compétitif dans ses rangs. Un luxe pour le coach Jean-Sébastien Legros. "Sans lui, Dison ne montait pas en D3 amateurs, jure-t-il. J’étais son équipier il y a dix ans à La Calamine, mais il me vouvoie toujours. Il m’appelle trainer !"