Le tir nature se pratique, comme son nom l’indique, en extérieur et toujours dans un cadre sauvage, dans les bois et les prairies. On pourrait comparer ce sport à la chasse à l’arc, à part que les cibles sont des représentations de gibier, en 2D ou en 3D. Les deux types de cibles représentent d’ailleurs deux disciplines différentes.

Le concept ?

Un parcours, comme un parcours VITA, qui est fléché et qui comporte, en compétition, 21 cibles à viser au plus juste.

Thierry Marsin, 55 ans et membre de l’Archery Club de l’ESt, habite à Theux et est depuis des années fan du tir nature. "J’ai toujours été attiré par le tir, que ce soit au pistolet, à la carabine ou à l’arc. J’en ai vite eu assez du tir statique et j’ai eu envie de bouger. Des amis m’ont expliqué qu’ils avaient essayé le tir nature et je les ai suivis. J’ai tout de suite accroché et je me suis peu à peu équipé pour performer. Je suis entrepreneur et j’ai une vie professionnelle très stressante. Au tir nature, je me concentre, je marche, je me vide la tête et je recharge les batteries. C’est réellement indispensable à mon équilibre."

Par tous les temps

Thierry Marsin est un sérieux spécialiste avec trois records de points sur un parcours, records toujours inégalés pour le moment. On sent chez lui la passion et l’envie de, quelques heures durant, pratiquer un sport de concentration et de précision en pleine nature.

"Le calendrier des compétitions est fixé en début d’année et pas question de changer les dates pour la météo. Qu’il vente ou qu’il pleuve, nous sommes sur le terrain. Et les conditions climatiques ajoutent du piment au tir nature."

Sur le terrain d’entraînement, on suit ce parcours numéroté. Après quelques mètres, on signale le premier tir. Il s’agit d’une zone définie avec deux piquets au sol, de couleurs différentes, séparés de 2 à 5 mètres.

"Une fois au pas de tir, on a une minute pour trouver la cible, estimer la distance, régler l’arc, viser et tirer. Non pas une, mais deux flèches. Il faut caler sa respiration, se détendre et ce n’est pas toujours facile avec le parcours imposé. Ici, à Juprelle, c’est un des parcours les plus techniques de Belgique."

Précision et rapidité

En effet, les cibles ne sont pas toujours évidentes. Il faut viser entre les arbres, les fougères, les talus, les pentes… L’analyse doit être rapide et précise.

"La cible contient plusieurs zones différentes. La zone létale donne le plus de points, la zone de blessure en donne moins et en dehors de la cible, c’est bien entendu zéro. Il faut savoir que pour un tir à 40 mètres, la zone létale est un disque de 17 cm de diamètre. Il faut donc réellement être concentré et détendu sur le pas de tir."

En compétition, un parcours en 2D se compose de 21 cibles et de 20 cibles en 3D. Le parcours est suivi deux fois sur la journée et les points sont accumulés sur les deux manches. Selon les endroits, le parcours peut faire entre 4 et 10 km.

De 250 à 4000 euros pour s’équiper

Au tir nature, il y a bien entendu plusieurs catégories d’âges mais aussi des catégories liées au matériel. Cela va de l’arc droit à l’arc à double courbure en passant par l’arc FITA, comme celui utilisé aux JO par exemple. Le must, c’est l’arc à poulie qui est un réel condensé de technologie, avec viseur, hausse, contre-poids et même des décocheurs de flèches. Quand l’arc à poulie est complètement bandé, l’archer ne retient que 10 % de la force de tension de la corde. Il peut donc se poser davantage et viser avec plus de sérénité, sans trop de crispations musculaires. Les prix varient énormément selon le matériel désiré. On peut démarrer avec un arc correct à 250 € mais, en haut de gamme, pour un arc à poulie et ses accessoires, on peut monter jusqu’à 4000 €.

© Croix

Quant aux cibles, il s’agit de photos d’animaux, classés en 4 catégories, attribuant des points différents. Les petits animaux (hérisson, oiseau), se tirent entre 5 et 10 mètres. Le petit gibier (lièvre) se tire quant à lui entre 15 et 25 mètres. Le gibier moyen (chevreuil) demande une distance entre 20 et 35 mètres et enfin, le gros gibier (sanglier, cerf), exige une cible placée entre 30 et 40 mètres.


>>> Infos : Archery Club de l’ESt - J.M. Delmarche - 0499/352.423