Liège Beaufays est au pied du mur. Si le Sporting échoue au tour final de P1, les deux équipes fanions chuteront de concert d’une division.

Beaufays jouera gros, très gros même, dans la quinzaine à venir. Engagés dans une mini compétition à quatre, Christophe Burnet et ses hommes seront face à un véritable quitte ou double, à l’échelon de tout un club : sauver la place de l’équipe A en P1 ou, dans le cas contraire, basculer en P2 et contraindre malheureusement l’équipe B à subir le même sort à l’étage inférieur.

Le règlement, qui interdit à deux équipes fanions d’un matricule d’évoluer dans une même division (à l’exception de la P4), aurait ainsi la répercussion la plus négative sur l’issue d’une saison sportive loin d’être un long fleuve tranquille.

"Gagner ce tour final et conserver notre place en P1 ne serait pas uniquement une question de fierté personnelle, concède Christophe Burnet. On doit surtout s’en sortir pour le bien du club. Notre équipe B a assuré son maintien en P2 et sur le terrain, lors de la dernière journée du championnat. Je ne veux pas qu’elle paie nos mauvais résultats par une descente… sans jouer. Mon groupe est conscient de cette situation."

L’entraîneur du Sporting ne minimise pas l’importance de l’enjeu. Il sait pertinemment que Beaufays est celui qui, des quatre prétendants, a le plus à perdre dans l’aventure. Mais, au regard de sa future fonction de président du club, Christophe Burnet ne noircira pas outre mesure un éventuel échec sportif.

"Le noyau que nous voulons construire pour la prochaine saison en P1, nous le composerons de la même façon si nous descendons d’un échelon. La période est calme mais elle s’activera dès que nous serons fixés sur notre sort. En revanche, plusieurs jeunes frappent à la porte de l’équipe A et ça, je veux que Beaufays en retire un profit."

Pour parvenir à ses fins, Beaufays devra d’abord franchir un premier écueil nommé Melen, le week-end prochain, avec l’étiquette de barragiste de P1 et, surtout, en déplacement. Les hommes de Burnet - du moins certains d’entre eux - ne seront pas totalement dépaysés puisque ce Melen-là, il y a un an, avait quitté la P1, dribblé par Beaufays lors de l’ultime journée ! Autant dire que le duel n’aura rien d’une partie de plaisir.


Commentaire : Contre l'adversité et les statistiques

Beaufays est-il devant une montagne à déplacer ? Non seulement parce qu’il doit en principe gagner, comme ses adversaires, deux rencontres pour rester en P1 (NdlR, une victoire à Melen suffirait si Fize venait à monter en D3) . Mais surtout parce qu’à la lecture de l’historique de ce tour final P1-P2, on constate que le barragiste de P1 ne s’en est plus (sportivement) sorti à son avantage depuis 2004 ! Certes, ce mini tournoi fut triangulaire (uniquement entre équipes de P2) pendant sept ans, mais Beaufays, en plus d’une dynamique pas forcément supérieure à celles de ses trois adversaires, va devoir également déjouer des statistiques défavorables. Ses trois rivaux seront Faimes (P2A), Franchimont (P2C) et donc Melen (P2B), son premier opposant. Les Mélinois sont les derniers à avoir mis les pieds parmi l’élite et n’ont qu’une envie, y revenir. Faimes, en (presque) 50 ans, ne l’a jamais connue. Les Hesbignons pourraient jouer leurs deux rencontres à domicile, où ils sont (presque) intraitables. Franchimont, lui, est l’invité surprise. Celui qui fait flèche de tout bois dans sa forme de récent vainqueur de tranche. Monté en P1 il y a dix ans… avec Beaufays. Pour prendre l’ascenseur, à l’inverse des Belfagétains, toujours là. Pour combien de temps  encore ?