Liège Les deux premiers terrains en gazon de Wallonie sont nés sur le site de la Tourelle.

Stress et bonheur illuminent le visage de Jean Devillers et Adrien Spineux, le duo, "un peu fou ", à la base des deux premiers terrains sur gazon de Wallonie.

"Tout a commencé en décembre 2018" , narre Adrien Spineux. "Jean était président du TC Grâce, nanti de cinq terrains en terre battue. Sur le site voisin de la Tourelle, deux terrains avaient été rénovés et deux, laissés à l’abandon. Or, il n’y avait pas nécessité de disposer de neuf terrains en brique pillée…"

Naît donc cette idée un peu folle. "Après avoir nettoyé la zone, on a transformé cet espace" , reprend Jean Devillers, de la société du même nom, s’occupant notamment de la pelouse du Standard. "On n’a pas exporté un milligramme de terre battue, on a transformé l’espace à disposition. On a semé fin mars, nivelé…"

Aujourd’hui, alors que l’inauguration est prévue pour ce vendredi dès 18 h ("Darcis a décliné en raison d’un déplacement mais on espère encore la présence d’Ysaline Bonaventure et de Julien Cagnina."), il reste quelques finitions à achever.

"Ces petits plots blancs mis sur l’herbe vont servir à tracer les lignes. Puis on mettra les filets. Cette aventure prend beaucoup de temps et d’énergie, mais est passionnante."

Sur ce lieu dit "Wimble grâce " (référence à Wimbledon et à grass, herbe en anglais) ainsi nommé par Adrien Spineux, l’herbe est l’élément clé. "90 % de la semence est similaire à celle de Wimbledon. La hauteur de coupe est également proche de celle du club londonien. Eux sont à 8 mm, nous à 9-10. Plus on descend, plus le risque de maladies est présent."

Habitué des terrains de foot, Jean Devillers explique la complexité du travail du gazon pour le tennis. "Au foot, l’herbe est coupée à 2,5 cm. Ici, on provoque le gazon en le coupant à moins d’1 cm."

L’entretien (engrais, aération, sablage, durcissement ou assouplissement…) nécessite un suivi régulier. Et dépend du climat.

Amateurs de tennis, envie de tester ? Dès lundi, les " tapis verts " seront ouverts au public. "Les demandes affluent, on prendra les réservations dès vendredi et un numéro de contact sera créé."

Deux terrains qui en appelleront certainement d’autres…

© thyssen


80 € en double, 50 € en simple

Le coût de revient d’un terrain en gazon s’élevant à plusieurs milliers d’euros et la rareté actuelle de ceux-ci en Wallonie conduit à une location à un tarif plus élevé que sur les surfaces traditionnelles : 80 € en double et 50 € en simple pour l’instant.

"C’est exact, acquiesce Jean Devillers. Mais ce prix est pour une heure et demie en double et une heure quinze minutes en simple. Les joueurs auront ainsi le temps de s’échauffer afin de bénéficier d’une heure pleine d’entraînement."

Une séance en chaussures et tenue… normales. "On n’exige pas de jouer en blanc comme à Wimbledon. Les chaussures ? On préconise celles de terre battue. Celles à crampons risquent de tuer le gazon. À Wimbledon, les picots sont d’ailleurs interdits."