Liège En un an chez les pros, la Liégeoise a énormément appris, mais pas encore assez pour poursuivre l’aventure.

Pour elle, c’était un rêve : intégrer une équipe cycliste professionnelle. Elle avait les aptitudes physiques et mentales et Lotto Soudal ne s’y est pas trompé. Après une année au sein de cette équipe, Marie a décidé de ne pas renouveler son contrat. Retour sur une décision difficile, mais nécessaire.

"Mon corps est meurtri, blessé de partout, à cause des nombreuses chutes qui ont émaillé ma saison. Sur les 18 courses auxquelles j’ai participé, il faut quasi compter une chute pour deux épreuves. C’est trop. Rouler au cœur du peloton, frotter, se placer, élaborer des stratégies et des tactiques, ce n’est pas pour moi. Ce n’est pas en un an qu’on acquiert ce bagage indispensable pour rivaliser chez les pros. Le niveau physique était là et j’ai encore beaucoup progressé, appris à mieux me connaître et voir que j’avais encore une large latitude de progression."

Les chutes trop nombreuses ont eu raison d’elle, surtout quand elle s’est fait renverser en entraînement. "Une bagnole m’a chopée par l’arrière et ça a été l’élément déclencheur. J’étais décidée. J’ai eu peur d’avoir un jour quelque chose de très grave. J’ai préféré stopper là. Mais cette séparation s’est faite en bons termes, dans la simplicité."

Après une longue année de sacrifices et de dur labeur, Marie ouvre sa boîte à souvenirs. "J’ai quand même de chouettes souvenirs, parfois cocasses, comme cette fois où, après avoir crevé sur une classique flandrienne, je n’ai même pas pensé à utiliser l’oreillette pour demander de l’aide. J’ai attendu sur le bord de la route en m’énervant pour rien. J’ai aussi apprécié mes jambes sur la Vuelta, dans une étape de montagne. Je me sentais bien dans cette échappée."

Il y a aussi des souvenirs plus douloureux. "Je rêvais de courir la Doyenne : Liège- Bastogne-Liège faisait partie de mes rêves les plus fous. Hélas, je me suis cassé le radius peu avant les classiques ardennaises et cette épreuve de rêve est devenu mon pire cauchemar. J’ai souffert comme jamais."

Marie Dessart va laisser son vélo au placard quelque temps et se consacrer au trail. C’est une vraie compétitrice. Mais sachez-le, son vélo sera bien vite de retour : elle a ça dans le sang.