Liège Le joueur de Rechain (P1) est de retour sur les terrains. Talent intact, envie plombée.

Il n’aime pas ça, Loïc Jerosme : vivre un match depuis le petit banc. 

"Je ne supporte pas de monter au jeu, ajoute-t-il. Là, je pique deux sprints et je suis cuit." 

Jerosme est pourtant le maître à jouer de Rechain, mais son coach, Gino Piol, ne l’estime pas encore apte physiquement à rendre d’autres services que les bribes accordées depuis quinze jours, en championnat du moins.

Mais Jerosme est un talent pur. Et sa patte gauche, sur phases arrêtées notamment, ne demande parfois qu’une occasion pour briller. Ce week-end, alors que l’affaire était bien mal engagée pour ses nouvelles couleurs, le néo-Rechaintois s’est trouvé à l’assist des deux buts victorieux inscrits du front par son équipier Bemelmans. Si Rechain triomphait d’Amblève sans gloire, il pouvait remercier deux fois plutôt qu’une son duo de fortune.

Inquiété par des soucis de santé (thyroïde) alors qu’il portait le maillot de Huy, Loïc Jerosme avait rangé ses crampons en août 2018, à la surprise générale. Son arrivée aux Tourelles, cet été, ne l’était pas moins. Un retour à la compétition que l’intéressé explique et tempère, avec sa franchise habituelle. Du Jerosme pur jus. "J’ai recommencé pour des copains comme Alvarez et Bouhy (NdlR : anciens de Faymonville, comme lui), raconte-t-il. Ailleurs, avec une autre pression et d’autres ambitions, c’était non."

Le garçon, bientôt trentenaire, ne le cache pas : son année sabbatique ne l’a même pas titillé, quant à l’envie de sortir de sa retraite. "Je suis pourtant allé voir jouer quelques potes. Le terrain ne me manquait pas, les entraînements encore moins ! Les mentalités ont changé et ça m’enlève une grande partie de mon plaisir. Les clubs doivent rester où ils sont, même ceux de nationale. Ils voient un peu trop grand chaque année et ça ne va pas, ça fait mal au foot régional."

Bon, que Rechain reste où il est, ça passera crème.