Liège Frédéric Tonus est cinq fois champion d’Europe Masters et a tout gagné depuis qu’il a repris la compétition.

Dans les années 1990, Frédéric Tonus était un bon nageur liégeois. Il a participé deux fois aux championnats d’Europe, se classant aux alentours de la 20e place. "C’était mon niveau", dit-il.

Vingt ans plus tard, il est quintuple champion d’Europe (50, 100 et 200 papillon, 100 et 200 libre) et va bientôt s’attaquer aux titres mondiaux dans la catégorie 45-49 ans. L’an dernier, il a remporté les 30 courses auxquelles il a participé.

"Bien sûr, les kings d’avant ne sont plus là, certains n’entreraient d’ailleurs plus dans leur maillot, sourit-il. Mais à l’étranger, les compétitions pour Masters sont relevées. Et ce dont je suis surtout très fier, c’est qu’en 20 ans, je n’ai perdu qu’une demi-seconde sur 100 m nage libre (54’’01). Je détiens même des records de Belgique Masters de la catégorie 25-30 ans."

Tout cela a bien entendu un prix : chaque jour, avant d’entamer sa journée d’expert-comptable au Luxembourg, où il vit désormais, Fréderic Tonus est au bassin dès 6 h. "Je m’entraîne 6 fois 1 h 20 par semaine dans l’eau, plus deux entraînements de fitness", explique ce diplômé en administration des affaires qui, après avoir travaillé pour de grandes sociétés de consultance, a fondé sa propre société.

"J’ai beaucoup travaillé et, il y a trois ans, j’ai décidé d’un peu lever le pied. Comme j’avais pris 20 kg et que ça m’énervait, je me suis dit que ce serait plus facile de retrouver des sensations dans un sport que j’avais déjà pratiqué."

Il s’est donc adressé à André Henveaux, son ancien entraîneur à Liège Natation, qui lui a dressé des plans d’entraînement. "Mais c’était trop violent pour mon âge, confie-t-il. Après un an, j’ai commencé à travailler avec Nicolas Granger, le meilleur nageur Master du monde."

La natation lui a beaucoup apporté et l’a aidé à pouvoir se faire mal. "Elle m’a donné le goût des défis. Quand on a fait du sport à un tel niveau, on n’a pas peur des challenges. C’est une école de vie car il faut être organisé. Aujourd’hui, je parviens à être multitâches."

De fait, outre son boulot et sa nouvelle carrière, il est aussi ambassadeur de la marque MP (Michael Phelps) en Belgique. "J’attends qu’il m’appelle pour qu’on aille s’entraîner", rigole-t-il.

Et le mois dernier, avec 8 autres anciens nageurs, il a ouvert un club de natation au Luxembourg.


Une tentative contre le record du monde le 23 mars

 Le 23 mars, le Mozka va tenter de battre le record du monde du 4 x 100 m. nage libre 160 ans et plus. Celui-ci est actuellement détenu par l’Italie en 3:31.49. Seulement, le club de Mol n’avait pas de quatrième nageur suffisamment rapide, entraîné et suffisamment âgé pour nager aux côtés de Ruud Cuyvers (35), Stef Verachten (36) et Mike Van Thielen (48). Il a donc fait appel à Frédéric Tonus.

“Il faut faire 52.87 de moyenne, ce qui est possible, surtout avec Stef Verachten”, dit le Liégeois. “Les nageurs du Mozka ont souvent nagé ensemble en relais, ce qui n’était pas notre cas à Liège Natation. J’ai donc demandé à partir en premier car nous n’aurons pas le temps de nous retrouver pour des entraînements de prise de relais. D’ici là, j’ai encore des engagements avec des clubs français en vue des championnats de France.”

Cette tentative contre le record du monde sera aussi l’occasion de revoir d’anciens nageurs comme Hans Bylemans, Brigitte Becue, Carine Verbauwen et Fred Deburghgraeve.