Une quatrième place au classement. Une qualification pour les demi-finales de la Coupe. Le Standard Fémina, entraîné par Stéphane Guidi et placé sous la direction technique de Fery Farraguzzi, se porte bien, depuis le début de la saison. Grâce à une équipe composée à 55 % de filles issues du centre de formation rouche. Mais le club liégeois en veut encore plus. L’objectif est fixé à 75 %. Pour y parvenir, le Standard fait office de précurseur en créant le premier Foot Élite féminin entièrement géré par un club belge (cela existe déjà à l’étranger, à Lille ou à Lyon par exemple). Il sera mis en place à partir de la saison prochaine.

"Le développement du foot féminin s’accélère ces derniers mois et nous avons, en tant que club, une responsabilité à jouer. Cela passe par la formation", explique Pierre Locht, le directeur du SL16 Football Campus.

Concrètement, le Foot Élite, c’est quoi ? "C’est permettre à des filles de quitter l’école pendant les heures scolaires pour aller s’entraîner, de manière officielle et organisée (via un système de navettes), en collaboration avec les écoles et les internats. On s’inspire donc de ce qui se fait chez les garçons, de la méthodologie en place, sans vouloir faire un copier-coller", poursuit Ingrid Vanherle, la directrice de la section filles du SL16.

En collaboration avec les écoles

Derrière la création de ce Foot Élite, qui devrait accueillir une cinquantaine de joueuses, il y a un constat : "Nos filles avaient des manquements physiques et tactiques et on s’est rendu compte que le gap entre notre équipe de D1 et celle de Super League était trop grand", précise Jonathan Christodouleas, coordinateur du projet. "Le but, c’est donc de réduire ce gap et de permettre aux filles, entre la troisième et la sixième secondaire, de recevoir un encadrement qui ne se limite pas seulement au terrain. Avec, par exemple, un suivi médicalisé, des charges de travail adapté, un renforcement de l’aspect psychologique, des conseils en diététique…"

Le tout, en collaboration avec les écoles partenaires que sont Sainte-Véronique, l’Athénée Air Pur à Seraing, l’IPES de Seraing et l’Athénée de Tongres (pour les néerlandophones). "Car l’école reste la priorité", insiste Jonathan Christodouleas, conscient que cinq entraînements (tôt en matinée ou en soirée) par semaine pourraient avoir un impact sur les performances scolaires. "Les écoles se sont montrées très ouvertes. La plupart de nos filles veulent entreprendre des études supérieures après la rhéto. Nous proposons une école de devoir de deux heures tous les vendredis pour rattraper d’éventuels manquements."

En misant sur le Foot Elite, le Standard évite aussi à certaines filles qui suivent le programme Foot Elite de l’ACFF (l’aile francophone de football) d’avoir dix entraînements par semaine, sans réel fil conducteur. "Le but, ce n’est pas de surcharger les filles. Au contraire. On veut adapter les charges de travail à leur besoin."

En proposant son "package" Foot Élite, le Standard Fémina espère aussi offrir un atout supplémentaire au moment du recrutement de talents. Avec un objectif, à terme : que le club féminin le plus titré de Belgique retrouve son rang d’antan.