L'AWBB a donc décrété une saison blanche pour le basket-ball amateur. Une décision à laquelle de nombreux clubs s'attendaient.

"A partir du moment où on ne peut même plus aller marcher dans les Fagnes..." dit Didier Longueville.

A la fois coach d'une équipe de TDM 2, entraîneur des U17 et très impliqué dans la gestion du club d'Esneux, il dresse un constat très nuancé de la situation. "L'impact du coronavirus n'est pas le même pour tout le monde", dit-il. 


Un tournoi entre les clubs liégeois
 
"Pour ce qui est des adultes, ce n'est pas la décision que j'aurais prise car j'aime le basket mais c'est une décision acceptable et, en tout cas, préférable à une succession de stop & go. Je suis souvent en contact avec mes joueurs et je dois bien admettre qu'eux-mêmes ont déjà un peu lâché prise. S'entraîner seul, ça tient un temps mais ce sont des basketteurs, pas des joggeurs. Avec les cinq autres clubs liégeois de TDM 2, nous avons déjà décidé que, dès que ce sera permis, nous organiserons un tournoi entre nous afin de faire rentrer un peu d'argent mais, surtout, de remettre les joueurs au travail. J'espère aussi qu'il n'y aura pas trop de transferts, histoire que les dizaines d'heures passées là-dessus la saison dernière n'aient pas servi à rien."

Des ados abandonnés

Pour lui, c'est surtout au niveau des jeunes que la situation est catastrophique. Là, ce n'est pas l'AWBB mais les décisions prises par les autorités qui sont en cause.

"Je dirais même criminelles", dit-il. "Pour ceux qui visent le haut niveau, un an sans pratiquer le sport au plus haut niveau, c'est 15 % de la formation. Et pour tous les autres, on leur enlève une passion ou, à tout le moins, l'occasion de pratiquer un sport sain. Que vont-ils faire? Jouer aux jeux vidéo! Et il y a un risque que beaucoup ne reprendront pas. Tout cela alors qu'on n'a aucune certitude qu'un gamin entre 12 et 17 ans est potentiellement dangereux. Autrement dit: pour sauver Ginette qui a 102 ans, on sacrifie toute une génération. Je ne comprends pas que nos élus ne pensent pas à cela."


Quid des bénévoles?
 

Pour ce qui est de la situation des clubs, Didier Longueville fait bien la part des choses. "Les clubs qui vont disparaître sont sans doute ceux qui avaient déjà des problèmes. Un club bien géré doit pouvoir s'en sortir. Mais ce qu'on risque de perdre, ce sont des bénévoles. Ceux qui auront arrêté pendant un an et demi seront trop âgés pour reprendre. Ou ils auront découvert d'autres plaisirs. Là, les petits clubs risquent de le sentir passer."