Le couvre-feu fixé à 18 heures en France a des conséquences jusque dans le… football provincial. Si les entraînements des plus de 12 ans en club sont interdits, plusieurs équipes continuent à travailler régulièrement en petits groupes distincts et de façon séparée, loin du regard de leur entraîneur, comme cela reste autorisé.

"J’ai envoyé un programme individuel étalé sur trois semaines", explique Morgan Matz, le T1 d’Ethe. Idem à Libramont où Samuel Bodet a proposé un menu pour tout janvier. A Longlier, Aurélien Huberty n’a rien prévu du tout. Congé total pour ses gars.

Avant l’interruption de la compétition, le FC Arlon trônait en tête du classement général. Cela explique en partie la volonté du coach Guy François d’avoir des joueurs prêts physiquement en cas d’une éventuelle reprise. Du lundi au vendredi, ses joueurs se retrouvent donc à 19h par petits groupes de trois sur les terrains d’entraînement de la Cova. Presque tous puisque pour Renaud Coso et Mamadou Faye, ce n’est plus possible. Ils habitent en France !

"Quand le couvre-feu était à 20h00, nous pouvions encore nous arranger en débutant la séance à 18h00", explique Renaud Coso qui vit de l’autre côté de la frontière depuis un peu plus d’un an. Lui et sa compagne avaient eu un coup de cœur pour une maison située à Charency-Vezin. "C’est à quelques minutes de la frontière, pas loin de Torgny. Maintenant, le couvre-feu est à 18h00. Même pour aller faire une course après le boulot, c’est parfois tout juste."

Renaud Coso travaille dans une école à Habay-la-Neuve. "Durant une période, pour aller au boulot, je devais avoir une attestation qui me permette de quitter le pays. Quand on allait se promener, c’était pour une durée limitée. Faire du sport, c’était dans un rayon de quelques kilomètres autour de la maison. Nous sommes ensuite passés au couvre-feu. 20h00, ça allait encore. 18h00, c’est très contraignant."

Renaud Coso et Mamadou Faye ont trouvé une parade pour garder la forme. Ils vont à Arlon le samedi pour leur séance hebdomadaire. "Les autres s’entraînent deux fois par semaine. Nous, c’est seulement une fois."