Le jeune judoka a décroché une médaille d’argent au prestigieux tournoi de Harnes.

Entraîneur de Gazaloev depuis 2008, Denis Cenné fait le point sur son poulain. "Il s’entraîne quasiment tous les jours. Son niveau s’améliore sans cesse", complimente-t-il.

Monsieur Cenné, pourquoi votre protégé n’est-il pas repris par la fédération ?

"D’origine tchétchène, Mouhammad ne s’était pas classé parmi les quatre premiers lors du championnat francophone à Herstal (février) . Ceci explique cela."

N’empêche, vous l’avez l’inscrit à vos frais au tournoi international de Harnes. Pourquoi ?

"Le gamin s’est entraîné dur, très dur même, pour améliorer son niveau. Il est plus fort qu’au mois de février. Harnes (Pas-de-Calais) n’est pas trop éloigné de Bastogne (500 km aller-retour) . Le niveau est relevé. Il s’agissait d’un super test pour se jauger."

Après coup, et vu le résultat final, le paradoxe est grand…

"On recensait 90 judokas en - 66 kilos. Après les premiers tours, toujours difficiles à aborder, Mouhammad est monté en puissance. En 1/4 de finale, il a pris la mesure d’un Japonais puis, en 1/2, d’un autre qui se targuait d’une 5e place lors d’une prestigieuse épreuve à Clermont-Ferrand. Hélas, il a été battu en finale. C’est une performance d’arriver au stade ultime. Le meilleur sélectionné belge n’y est pas parvenu."

Qu’en déduisez-vous ?

"À chacun son avis. Les représentants de la fédération ont un œil sur lui. Le réalisme a prévalu : ils ont assisté à ses performances et ils ont décidé de le sélectionner pour un tournoi à Forges-les-Eaux (Normandie) le week-end prochain et un autre aux Pays-Bas. Il est aussi invité à participer à un stage."

Son avenir s’annonce-t-il prometteur ?

"Mouha’ s’entraîne deux fois par semaine au JC Bastogne, deux fois avec son frère au dojo et encore en famille. Bref, c’est un rythme quasi journalier. Ses parents sont ‘zen’. L’avenir s’inscrit sur du moyen/long terme et on verra d’ici cinq à dix ans."

Quelle est sa qualité principale ?

"Il est calme, fort à l’écoute. Mouha’, c’est la force tranquille. En dehors des tournois, il a passé sa ceinture noire. C’est un passage important dans la vie d’un judoka."

A-t-il des défauts ?

"Bien sûr. Physiquement il est au top, mais il n’a que 16 ans… Il doit progresser dans tout."

Quelle est votre relation en onze années de collaboration ?

"Elle est forte, basée sur le respect. La famille Gazaloev, musulmane, est admiratrice du travail effectué pour le jeune homme."