Dans le sud de la province de Luxembourg, le  FC Tintifontaine, pensionnaire de troisième provinciale, est l'un des clubs à avoir choisi de reprendre le chemin des entraînements dès mardi soir. Un cas encore isolé en Wallonie.


Des mines radieuses, un soleil qui commence à se coucher à l’horizon, des plots fraîchement disposés par le coach aux quatre coins du terrain, le ton est donné sur le terrain B de Tintifontaine aux environs de 19h30: le club s’apprête à dispenser son premier entraînement post-confinement. Depuis ce lundi 18 mai, il est en effet autorisé aux clubs de s'entraîner à nouveau, par groupe de 20 maximum et sous la responsabilité d'un entraîneur. Avec les mesures d'hygiène et de distanciation physique de circonstance évidemment.

Des règles claires et strictes

Alors que treize joueurs ont fait le déplacement pour cette première, le nouvel entraîneur Fabian Lambot martèle plusieurs consignes quelques minutes avant le début de la séance. “Ne prenez pas le ballon avec vos mains, gardez toujours plus d’un mètre cinquante de distance. Même si c'est contre nature, pas d’accolade, raisonnez “confinement”, et tout se passera bien.” 

Sur le terrain, les ateliers sont déjà prévus pour qu’il n’y ait pas de contact entre les joueurs. Au programme? Un échauffement, des exercices physiques de renforcement musculaire, mais surtout, des ateliers où les joueurs retrouvent leur ballon fétiche. “J’ai pris l’initiative de préparer un entraînement assez spécifique, voire pratiquement individuel, au niveau de la conservation du ballon, explique le coach Fabian Lambot, détenteur d’un diplôme UEFA A et qui a entraîné par le passé du côté de Bruxelles et du Brabant wallon. "On ne pense pas forcément à l’aspect "football" en premier lieu, mais avant tout au volet social, au fait de se retrouver, tous ensemble, et de reprendre du plaisir en caressant à nouveau le ballon.” 
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De rares reprises

Si pratiquement l’intégralité des clubs de la province de Luxembourg ont décidé de faire l’impasse sur cette possibilité de reprise, Freylange et Tintifontaine nagent à contre-courant en rechaussant les crampons le plus tôt possible. Une volonté qui émanait avant tout des joueurs. “Nous étions tous impatients de reprendre, avoue Nicolas Penninckx, capitaine du FC Tintifontaine. Revenir sur le terrain, après deux mois, ça fait un bien fou. Lorsque nous avons entendu l’arrivée de la phase 2 du déconfinement avec la possibilité de reprendre notre sport, nous avons décidé de revenir à l’entraînement et le coach a fait le nécessaire". 


Recréer des liens

Si bien entendu les footballeurs ne peuvent pas encore disputer de match, ni même avoir le moindre contact sur la pelouse, ce moment tant attendu par certains joueurs permet néanmoins plusieurs choses. “On peut tout de même faire des passes, des frappes, sans oublier l’aspect physique, donc oui, on peut retrouver nos sensations en nous entraînant presque normalement après deux mois à l’arrêt, estime Nicolas Pennickx. Surtout que nous pouvons revoir nos amis, c’est chouette. Le but n’est bien entendu pas de préparer la saison prochaine.” 

Une suite marquée par l'incertitude

Une saison 2020-2021 dont la date de début reste toujours à confirmer. Néanmoins, le club a décidé de maintenir une séance par semaine jusqu'à la fin juin. “Mes joueurs ont faim de ballon, clame Fabian Lambot. Il ne faut pas oublier qu’ils n’ont joué qu’un seul match de championnat depuis décembre, et qu’ensuite, le confinement est arrivé. Même si le coronavirus est là, nous sommes obligés de garder cette envie de pratiquer notre sport. Cette reprise nous permet également de déjà poser les jalons en vue du prochain championnat. Nous avons effectué 8 à 9 transferts, c’est important que le groupe apprenne à se connaitre le plus tôt possible.” 

Tintifontaine et Freylange devraient être imités par le FC Arlon la semaine prochaine. Du côté des clubs luxembourgeois évoluant en nationale, la reprise n’est pas encore à l’ordre du jour.