Le club d’Ochamps, en province de Luxembourg, peut compter sur ses supporters pour mettre de l’ambiance. Ils se sont organisés et ont créé un kop : la Brigade Jaune.

Mais après le match Vaux-sur-Sûre – Ochamps du 3 septembre, l’arbitre Christophe Kobs a rédigé un rapport. Il a d'abord expliqué que des fumigènes et autres engins pyrotechniques ont été utilisés juste avant le début de la seconde période et qu’ils en ont retardé le coup d’envoi.

"Deux grosses chandelles étaient allumées dans la zone neutre", a répété l’arbitre. "Je ne pouvais pas me permettre de faire monter 22 acteurs sur le terrain. Le ballon aurait pu toucher ces choses et je ne sais pas à combien de degrés ça brûle. J’ai donc attendu que ce soit éteint avant de commencer la deuxième mi-temps. Il aurait été malhonnête de ma part de ne pas le mentionner dans mon rapport d’autant plus qu’il y avait des membres du CP présents au match." 

L’arbitre rapporte également des critiques et insultes formulées par les supporters d’Ochamps durant la rencontre. Et même après.

"J’aurais bien aimé que cela s’arrête là mais j’ai vu certains commentaires sur les réseaux sociaux qui me gênent gravement. Baptiste Jourdan, un joueur d’Ochamps, insiste en disant que je viens pleurer pour un fumigène allumé cinq minutes avant la deuxième mi-temps et que c’est un beau sketch. Sur sa page, il dit que l’on se plaint qu’il n’y a pas d’ambiance en P3 mais que l’on fait un cinéma pour un fumigène. Dans les commentaires, on retrouve un Go allumer un fumigène devant la maison du ref. Je ne cache pas la tête de mon épouse quand elle a lu le commentaire en question. Ce n’est pas Baptiste Jourdan qui a posté ce commentaire mais il l’a aimé."


Le délégué d’Ochamps, Didier Arnould, représentait son club au CP. Il a d’abord parlé des fumigènes.

"J’étais à côté des jeunes et je leur avais dit qu’il ne fallait pas de fumigènes sur le terrain. Quant aux faits de Facebook, je n’étais pas au courant et ça me déçoit un peu." 

Le kop avait transmis un mail au CP pour faire part de son point de vue. Les membres de la Brigade Jaune insistent sur le fait qu’ils veulent uniquement encourager leurs couleurs et mettre une bonne ambiance. Ils affirment même qu’ils ont énormément de retours positifs des adversaires et aussi des arbitres. Selon eux, ils n’ont pas gêné la reprise du match après la pause et réfutent aussi les insultes envers l’arbitre.

"Nous étions vingt ce jour-là avec quatre enfants de 6 à 10 ans. Quelle image montrerions-nous à nos enfants en insultant un arbitre ou un adversaire ? Où serait le respect vis-à-vis des autres ?" 

Le Parquet, représenté par Nathalie Lequeux, n’a pas été tendre avec ces supporters. Elle a parlé de faits inadmissibles et a rappelé que le club avait la responsabilité de les rappeler à l’ordre.

100 euros d'amende, et 300 avec un sursis d'un an

Nathalie Lequeux a proposé une amende de 200 euros pour le club éventuellement assortie d’un sursis pour laisser aux supporters la chance de mettre en œuvre leurs bonnes intentions. Le manager régional Guy Van Binst a rappelé qu’il y avait des règles à respecter pour les fumigènes. Nathalie Lequeux en a rajouté une couche par rapport aux commentaires sur Facebook. "Ce sont des menaces. Ce n’est pas uniquement le Parquet du foot qui pourrait s’en saisir. C’est le Parquet de la Place Schalbert !" 

Un rappel à l’ordre que les supporters de la Brigade Jaune trouvent à coup sûr disproportionné. Ils continueront d’ailleurs d’allumer des fumigènes avant et après les matches. La décision finale du CP est une amende de 100 euros à laquelle s’ajoute une amende de 300 euros avec un sursis d’un an. Cette deuxième amende sera appliquée uniquement en cas de récidive sur les réseaux sociaux.