Oumar Traoré (Symphorinois) pourrait être libéré

La chambre du conseil a rendu sa décision hier mais un appel de l’Office des étrangers peut toujours la contester

Oumar Traoré (Symphorinois) pourrait être libéré

La chambre du conseil a rendu sa décision hier mais un appel de l’Office des étrangers peut toujours la contester

Début octobre, Oumar Traoré, jeune joueur guinéen du club de football de Saint-Symphorien, était interpellé à l’issue d’un contrôle mené au sein même des installations du Sans Fond (Braine-le-Comte) et placé au centre fermé de Vottem. Le jeune joueur de 18 ans ne disposait en effet pas de papiers en règle. En situation illégale, il est désormais menacé d’expulsion.

Hier, la chambre du conseil de Mons se penchait sur son cas. Selon son conseil, Me Duchêne, cette dernière aurait décidé de libérer le jeune homme mais l’Office des étrangers dispose d’un délai de 24 heures pour faire appel. "C’est une très bonne nouvelle mais restons prudents, l’Office des étrangers n’est pas du genre à lâcher le morceau facilement. De notre côté, nous estimons toujours que rien ne justifiait une arrestation immédiate et un placement en centre fermé alors qu’il s’agissait d’un premier ordre de quitter le territoire", souligne Me Duchêne.

"J’ai donc contesté devant la chambre du Conseil l’argumentaire de l’Office des étrangers selon lequel mon client risquait de prendre la fuite. S’il avait voulu prendre la poudre d’escampette, il aurait pu le faire le jour du contrôle. Mais il ne l’a pas fait, il a patiemment attendu à la buvette que les agents reviennent vers lui."

Selon l’avocat, Oumar Traoré était affaibli par la situation hier, avant son audience, mais avait repris espoir à l’issue de celle-ci. À juste titre. Mais le jeune espoir du football n’est pas pour autant sorti d’affaire. "La chambre du conseil n’était qu’une première étape pour obtenir sa sortie de centre fermé. La deuxième consiste à déposer un recours auprès du Conseil du contentieux des étrangers, qui est une juridiction spécialisée, afin de contester son expulsion définitive."

L’argumentaire sera développé autour de plusieurs éléments. "Nous miserons d’abord sur son talent. Oumar est jeune et a toutes les chances de faire carrière dans le football. S’il parvient à décrocher un contrat professionnel, il obtiendra un permis de travail et, in fine, un permis de séjour en bonne et due forme."

L’avocat tentera ensuite de démonter que son client est un jeune bien intégré et sans histoire. "Il a une petite amie et n’a jamais commis la moindre infraction sur le territoire belge. Ce n’est pas un jeune isolé ou à problème. Il a d’ailleurs tenté de s’inscrire à l’Athénée de Mons mais n’a pu finaliser la procédure à cause de sa situation. C’est le serpent qui se mord la queue…"

Enfin, Me Duchêne explicitera les démarches entreprises par le footballeur pour régulariser la situation. "Il a vraiment la volonté de se mettre en ordre, il s’est d’ailleurs rendu plusieurs fois au service population de la Ville de Mons pour voir ce qu’il devait faire." Le conseil d’Oumar ne peut que s’en remettre à la justice mais ne baisse pas les bras.


Solide mobilisation

Véritable pépite du football, Oumar Traoré peut compter sur la solidarité de ses proches. Les membres du RFCR Symphorinois continuent à lui manifester leur soutien et à espérer son retour très prochainement sur les terrains. Une pétition pour réclamer sa libération avait par ailleurs été lancée. Aujourd’hui, elle a dépassé les 2.200 signatures. 

“Il y a une grosse mobilisation qui s’organise en région montoise pour lui. Chacun de ses coéquipiers a d’ailleurs remis une déclaration au président de la Chambre du conseil pour demander la clémence de la justice”, déclare son avocat, M e Duchêne. La mobilisation semble avoir payé pour le jeune homme. S’il n’est pas encore sorti d’affaire, son rêve de devenir footballeur professionnel n’est, finalement, peut-être pas encore brisé.

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