Boxeur professionnel de 2013 à 2017, Mouhamed Sder avait concrétisé l'un de ses grands projets de vie, au mois de juin 2019, en ouvrant sa propre salle de boxe.

Sis à Quaregnon, le Sder Boxing Club doit malheureusement garder porte close depuis la mi-mars, conséquence de la pandémie de coronavirus, ce qui ne fait évidemment pas les affaires du propriétaire des lieux.

"Le bâtiment m’appartient, j’ai tout reconstruit de A à Z, ce qui représente un gros investissement", explique le Montois de 33 ans. "Et clairement, aujourd’hui, je paie la note dans la mesure où j’en suis à 3000 ou 4000 euros de pertes depuis le début de la crise sanitaire, les cotisations mensuelles ne rentrant plus et les factures pour les charges devant être honorées malgré tout. En outre, j’avais quitté mon job (NdlR : il est ingénieur en finances) en novembre dernier afin de me consacrer à mon club de boxe. On peut vraiment parler d’un timing malheureux même si les circonstances, avouons-le, sont exceptionnelles..."

© D.R.

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Mais à contexte exceptionnel, aides exceptionnelles, pourrait-on croire. Il n'en est toutefois rien pour le moment.

"Les différents appels lancés aux autorités, que ce soit à la Ville, à la Fédération ou à l’Adeps, n’ont pas abouti", reprend Mouhamed Sder. "Je me demande quand même où vont certains budgets quand il n’y a pas de compétition pour le moment. On doit bien pouvoir compter sur un fonds de solidarité comme dans d’autres fédérations sportives, non ? Et puis, c'est maintenant qu'il faut aider les clubs qui en ont besoin, il ne sert à rien d’attendre l’an prochain quand il sera peut-être trop tard. Si quelque chose existe, c’est maintenant qu’il faut l’exploiter. Ce que les clubs attendent, dans l'immédiat, c’est de savoir dans quelle mesure la ligue va pouvoir les aider. Moi, je suis un passionné, je continuerai mais d’autres ne s’en sentiront peut-être pas la force."

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En attendant d'avoir des réponses à certaines de ses interrogations, le boxeur, qui préparait également son retour à la compétition quand la crise a frappé, continue bien entendu à suivre les consignes du gouvernement. 

"On recommencera nos activités dès que possible, sans doute avec des entraînements en extérieur, par petits groupes. Près du club, il y a un zoning où on peut faire des boucles de 800 mètres et un parking pour mettre en place quelques ateliers. Pendant un an, j’avais formé des boxeurs amateurs dans l’espoir de les lancer dans le grand bain, j’espère que pendant ce confinement, très dur psychologiquement, ils auront gardé une motivation suffisante pour continuer…"

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