Mons Le Royal Albert Quévy-Mons vit sans doute la période la plus mouvementée de sa brève histoire.

Alors que les joueurs reprendront la compétition ce dimanche à Stockel, une zone de fortes turbulences traverse le stade Tondreau. Les vents violents sont parfois alimentés par des acteurs extérieurs et à l’heure qu’il est, c’est surtout de calme dont la direction a besoin pour relever les défis du moment. Et pour certains, ce n’est pas si évident, comme le confirme Franck Delcroix, le vice-président du club.

Franck, quelle est la situation réelle du club sur le plan financier ?

"Elle est préoccupante mais pas dramatique comme je peux parfois le lire. Nous rencontrons des difficultés qui sont dues à la fois au sinistre que nous avons dû déplorer sur le site de Genly mais aussi au fait que certains sponsors n’ont pas honoré leurs engagements. C’est quelque chose qu’on peut rencontrer dans n’importe quel club."

On parle aussi d’arriérés de paiement chez les joueurs…

"C’est exact, mais certains paiements ont été réalisés dernièrement et nous avons pratiquement résorbé tout le retard. L’ensemble des joueurs actuels continue l’aventure avec nous et il me semble que c’est un signe d’optimisme pour notre avenir. Ça ne va pas si mal qu’on le dit."

D’un autre côté, avec certains noms dans le noyau, on imagine que la masse salariale est importante. N’a-t-on pas eu les yeux plus gros que le ventre ?

"Je ne le pense pas. Il est vrai qu’il y a certains cadors dans l’équipe. Ils ont une réputation et un coût. Mais malgré tout, à côté d’eux, il reste beaucoup de jeunes joueurs qui ne nous coûtent pas énormément. Cela nous met finalement dans la norme pour un club de D3 amateurs."

Tel le monstre du Loch Ness, la question de la fusion est revenue sur le tapis via des politiques de la région. Votre point de vue ?

"On n’est pas demandeurs, en étant ouverts à toute personne qui veut œuvrer pour un grand club à Mons-Borinage. Comme c’était déjà le cas avec la fusion actuelle, on a toujours dit qu’on avait une vision qui dépassait les limites de Mons et de Quévy. Mais je pense savoir que le RFB n’est pas demandeur non plus. On en parlera peut-être encore dans 20 ans."

Même s’ils sont proches géographiquement, les deux semblent avoir des mentalités fort différentes. Ça vous semble conciliable ?

"Je reste persuadé qu’un grand club peut être un vecteur important. Mais on se doit aussi de garder son identité. Aux Francs Borains, par exemple, on semble vouloir aller chercher ses éléments à l’extérieur. C’est un choix qu’on respecte, mais ça n’est pas notre identité."

Vous ne regrettez déjà pas d’être venus à Mons ? À Quévy, c’était quand même plus tranquille.

"Qui n’a pas rêvé de pouvoir représenter sa région ? On a voulu rendre service à la ville de Mons qui nous a contactés parce que notre club était bien géré. Bizarre qu’on entende parfois le contraire aujourd’hui. Si on n’est plus soutenus, il faudra se poser les bonnes questions."

Peu de changements au 2e tour

Bien que la période soit propice aux mouvances, le noyau du RAQM ne devrait pas connaître beaucoup de bouleversements. “On ne va pas transférer pour trois raisons, confie Franck Delcroix. Tout d’abord, on n’a pas été convaincus par les transferts qu’on avait réalisés à la même époque l’an passé. On n’est donc pas certains que ça apporterait quelque chose. Ensuite, nous allons récupérer Saussez et Radoncic qui ont peu ou pas joué au premier tour. Enfin, nous disposons en P2 de quelques bons jeunes qui peuvent venir dépanner au besoin.” S’il ne doit plus y avoir de départ, Luigi Nasca doit tout de même composer sans deux des éléments offensifs du noyau de base. “On était tous d’accord dans le cas de Reindorf pour dire que ça n’allait pas. Pour des raisons sportives et extra-sportives. Il était en tout cas assez loin du joueur qu’on avait suivi l’an passé à Waterloo. C’est différent pour Abdul Bah. Il est devenu moins disponible petit à petit pour des raisons personnelles et il s’est écarté du club. Il voulait devenir pro et il s’est peut-être rendu compte qu’il devait se donner d’autres priorités dans la vie. C’est un garçon charmant, mais son aventure chez nous est terminée.”

Les ambitions sont intactes

Fort de ses sept succès d’affilée, Quévy-Mons avait pris place sur le podium début décembre. Les deux derniers revers ont fait rentrer le club dans le rang. “Mais malgré ces deux dernières défaites, il y a toujours un beau coup à jouer. Nous avons rencontré le coach la semaine passée et il est toujours motivé à 400 %. Nous ne sommes qu’à trois points de la troisième place et il n’y a rien de mal fait. Ce sont les cinq ou six prochains matchs qui vont déterminer la fin de notre saison, mais je reste persuadé qu’on a ce qu’il faut pour atteindre l’objectif. Qui, pour rappel, était de jouer les premiers rôles. Ça veut dire qu’aller au tour final est déjà une réussite, surtout après notre début de saison compliqué et le retard accumulé sur des équipes comme Braine et Namur.” Les esprits chagrins diront : aller au tour final, pour y faire quoi ? “La première chose, c’est déjà qu’on monte sur le terrain pour gagner les matchs et on ne procèderait pas autrement si on devait atteindre l’objectif. Quant à notre situation financière, je ne crois pas que ce soit un frein. Au contraire, certaines situations pourraient se débloquer avec une accession en D2 amateurs.”