Namur

Nicky Detry (47 ans), Olivier Lange (41 ans) et Ludovic Vuegen (30 ans) représenteront la province de Namur à l’Ironman d’Hawaï ce week-end.

C’est dans ce lieu mythique, berceau de l’épreuve la plus longue en triathlon (3,8 km de nage, 180 km de vélo et 42,195 km de course à pied), que les triathlètes namurois vont vivre leur rêve.

"C’est beaucoup d’émotions. Participer au championnat du monde de triathlon à l’endroit même où tout a commencé en 1978, c’est le Graal pour 99,9 % des triathlètes. D’autant plus que la qualification est de plus en plus difficile à atteindre d’année en année. Le niveau est très relevé. Je pense qu’on va vivre une grande expérience", explique le Jemeppois Olivier Lange.

à quelques jours du grand départ de l’archipel volcanique, plusieurs sentiments parcourent les athlètes.

"Je suis à la fois impatient et confiant", reconnaît le Sombreffois Nicky Detry. "Je me suis qualifié il y a peu, à l’Ironman de Tallinn en Estonie, tout comme Olivier. Après cette course, j’avais des tendinites au tendon d’Achille dues de la fatigue. J’étais donc inquiet pour Hawaï. J’ai bien récupéré et j’ai pu m’entraîner correctement pour être au départ."

Ludovic Vuegen s’est quant à lui qualifié depuis plus d’un an, le 26 août 2018, à l’Ironman de Vichy (France). Il est le premier Namurois à être arrivé sur place.

"C’est une ambiance particulière, tout le monde est présent pour la même raison. C’est américain, donc tout est surdimensionné. On nage avec les dauphins et les paysages de l’île sont magnifiques. C’est un endroit unique pour cette compétition", confie le policier namurois. Participer à une telle épreuve à l’autre bout du monde n’est pas donné à tout le monde, à la fois sur le plan sportif, mais aussi sur le plan financier.

"C’est un sacré budget pour y participer. C’est environ 6 000 euros par personne. L’inscription coûte environ 1 000 euros, il faut prendre les billets d’avion, un logement, une voiture et amener tout le matériel", détaille Nicky. Les trois Namurois feront le grand plongeon dans le Pacifique vers 7 heures heure locale en fonction de leur catégorie.

Une préparation particulière: “Des conditions compliquées”

Environ 30 degrés et un fort taux d’humidité, voire quelques averses, c’est ce qui attend les participants au départ du championnat du monde de triathlon.

“Ce sera des conditions climatiques compliquées pour un tel effort, auxquelles on n’est pas habitué en Belgique”, avoue Nicky Detry.

Il a donc fallu programmer des séances d’entraînement spécifiques. “J’ai déjà connu ces conditions lors des triathlons en Corée et à Dubaï. Avec Olivier, on surchauffe une petite pièce à l’aide d’un chauffage électrique et on augmente l’humidité. On installe notre vélo sur un rouleau et on s’entraîne dans des conditions qui se rapprochent quelque peu de ce qu’on va vivre à Hawaï”, explique Nicky. Sur place, les triathlètes arrivent une dizaine de jours à l’avance pour avoir le temps de s’habituer au pays. “On dit qu’il faut environ un jour par heure de décalage pour trouver son rythme. Il y a 12 heures en moins par rapport à la Belgique. On s’entraîne une à deux fois par jour. Je vais nager tôt le matin et je fais une sortie dans l’après-midi. La météo ne me dérange pas trop, par contre je suis envahi de piqûres de moustiques, ce qui n’est pas très agréable”, raconte Ludovic Vuegen, ex-coureur cycliste de T.Palm – Pôle continental Wallon en 2012.

Chacun ses propres ambitions

Qualifiés depuis août dernier, Nicky Detry et Olivier Lange n’ont pas les mêmes objectifs que Ludovic Vuegen. Les trois Namurois courront dans des catégories différentes. Ludovic Vuegen s’élancera le premier avec les 18-39 ans, suivi d’Olivier Lange avec les 40-44 ans et enfin Nicky Detry partira avec les 45-49 ans.

“Forcément, vu que je suis qualifié depuis plus d’un an, je me suis entraîné en fonction de ce championnat du monde. Je vais donner le maximum et j’espère terminer en dessous des 9 h 30. Ce serait déjà une belle référence dans mon groupe d’âge. Le parcours évolue en fonction de la météo, ce sera un élément à prendre en compte dans la performance”, explique le plus jeune des Namurois présents.

Quant aux deux membres du club du GTC Gembloux qualifiés depuis seulement deux mois, ils souhaitent avant tout arriver au bout de la triple épreuve.

“Je veux finir pour recevoir la médaille”, avoue le diététicien jemeppois Olivier Lange. “Après, je suis un compétiteur, donc je regarderai quand même au chrono. C’est le gratin des triathlètes qui est présent. Avec environ 300 participants dans ma catégorie, ce serait déjà super si je réalise un top 50.”

Avec quelques pépins physiques dans sa préparation, le son de cloche est identique pour Nicky Detry : “Être finisher, c’est ce qui compte. J’ai terminé mes quatre derniers Ironman sous la barre des 10 heures. Lors de ma qualification à Tallinn, il y avait un mentaliste. C’était étrange, mais je lui ai dit que je finirais l’Ironman d’Hawaï en 10 h 35. Est-ce prémonitoire ? Aucune idée, mais ce qui est certain, c’est que je terminerai l’épreuve avec ma signature habituelle : le cumulet.”

La forme du jour déterminera aussi la performance de nos Namurois. “C’est sûr que si je me sens bien, je peux faire un bon chrono. Le parcours vélo est très exposé au vent. Ça ne fait que monter et descendre. Un triathlon longue distance est fait de hauts et de bas, que ce soit physiquement ou moralement. Il n’y a que les meilleurs triathlètes du monde ici, il n’y a pas de place pour la chance”, commente Ludovic. Une chose est sûre, c’est que pour leur première participation à Hawaï les trois Namurois profiteront pleinement de cette expérience unique.