Céline Martin-Schmets va vivre un début de week-end très particulier. Ce samedi, à Uccle, la Namuroise arbitrera Belgique – Grande-Bretagne en Pro League Dames. Une situation assez inédite.

“Je pense que cela n’est jamais arrivé, peu importe le sport, de devoir arbitrer son propre pays en match officiel”, sourit-elle. “La situation sanitaire étant ce qu’elle est et pour une question de mobilité, la Fédération internationale a fait appel à deux Belges et deux Néerlandais.”

La Namuroise de 34 ans n’a aucune appréhension particulière, même si quelques sceptiques risquent de scruter avec attention sa prestation. “J’aurais pu refuser ma désignation mais je ne vois pas pourquoi je l’aurais fait. Dans toutes les rencontres, plusieurs actions sont sujettes à interprétation mais je suis une professionnelle, il n’y a aucune raison de mettre mon intégrité en doute. Je formerai un duo avec mon collègue batave et on doit être en accord dans nos décisions. Ce sera malgré tout particulier de peut-être retrouver Charlotte Englebert que j’ai eue comme coéquipière à Namur et que j’ai entraînée chez les jeunes.”

Des débuts à 15 ans

Une certitude, Céline Martin-Schmets fait désormais partie de l’élite de l’arbitrage européen, voire mondial. Elle a sifflé à l’Euro 2019 et compte plusieurs matches de Pro League ainsi que de Coupes d’Europe à son actif.

“J’ai commencé à l’âge de 15 ans, notamment parce que je n’ai jamais apprécié des directeurs de jeu qui ne semblaient pas connaître parfaitement le règlement. J’ai directement apprécié me familiariser avec le placement et le body language.”

La Namuroise a obtenu le grade Pro League en 2012. Elle a même arbitré en DH Hommes le dimanche quelques heures après avoir… joué en DH Dames.

“J’ai évolué sept ans au Parc, c’était juste à côté de l’Université. Lorsque je suis revenue à Namur, nous sommes montées en DH. J’ai depuis lors pris du recul.”

Si tous les joueurs de haut niveau sont forcément professionnels, Céline ne l’est pas. Elle travaille pour une boîte de consultance informatique. Ses jours de congé sont quasi exclusivement consacrés à sa passion.

“Le terme est exact, ce n’est certainement pour l’argent que j’arbitre. On doit réussir des tests physiques mais je paie moi-même un préparateur. J’ai aussi bossé avec un coach mental pendant le confinement.”

Le rêve ultime ? “Plus que cela, c’est devenu un objectif d’être aux JO, j’espère dans quatre ans. Pour Tokyo, je faisais partie d’un pool de 20 mais seuls 14 étaient retenus. J’ai sauté de la sélection.”

Une certitude, sur le coup de 14h ce samedi, la Namuroise montera sur le terrain le sourire aux lèvres. “Même si c’est à huis clos et même s’il pleut, ce ne sera que du bonheur.”