En 2018, Pauline Smal enchaînait les performances de haut vol. Championne de Belgique toutes catégories à seulement 20 ans, l’athlète alors affiliée au SMAC décrochait même un record personnel au javelot de 52 mètres 63.

Malheureusement, au cours de l’année 2019, la Namuroise s’occasionnera une blessure à l’épaule. Elle ne le savait pas encore, mais ce traumatisme allait la faire souffrir durant de longs mois. Le début des ennuis.

"Cette période est tellement floue, j’essaye de l’effacer de ma mémoire, avoue Pauline Smal. C’est difficile pour moi d’y revenir. Psychologiquement, ça été très dur ces deux dernières années. J’étais en dessous de tout. D’autant plus que le Covid est directement arrivé après ma blessure. Les entraînements ont alors diminué de moitié étant donné qu’on ne pouvait plus lancer. Physiquement, ça n’a pas été simple non plus. Lorsque l’on est sur un rythme de six à sept entraînements par semaine, et que l’on passe d’un coup à seulement trois, le corps a beaucoup de difficulté à s’adapter. Mine de rien, on continue à manger normalement, et on prend du poids. Cela n’a pas été simple de retrouver un nouveau rythme. J’ai parfois pensé à tout arrêter. Finalement, je me suis accrochée et j’ai bien fait."

Si elle n’a pas pu lancer aux championnats de Belgique 2020, Pauline était bel et bien présente ce dimanche à l’occasion des championnats de Belgique. Après 4 tentatives en demi-teinte en dessous des 43 mètres, le 5e et avant-dernier essai sera le bon pour la désormais athlète de l’Excelsior, avec un jet à 46,23 mètres.

"Je me sentais toute crispée, je n’étais pas dedans, raconte la jeune femme de 23 ans. Si je voulais l’emporter, je n’avais pas le choix, je devais me relâcher. J’ai essayé de faire le vide dans ma tête, un maximum. Et finalement sur ma 5e tentative, je lance sans réfléchir, comme si j’étais à l’entraînement, et il part tout seul, ce qui me permet de faire la différence pour décrocher la médaille d’or. Je peux vous dire que je l’attendais avec impatience."

Un nouveau titre national avec seulement deux compétitions dans les jambes cette année. La lanceuse de javelot peut désormais aborder la suite avec sérénité. "Pour cette année, l’objectif sera de m’approcher le plus possible d’un jet à 50 mètres. Etant donné que les Universiades sont annulées, je n’ai plus de grosse échéance au calendrier, je vais donc pouvoir prendre mon temps pour revenir au top. Pour le moment, je manque encore de repères. J’ai besoin de lancer pour retrouver mes marques."