Le Biergeois, après cinq années à la tête du Wallonia, s’apprête à livrer sa dernière bataille ce dimanche

C’est une page de l’histoire du Wallonia Walhain qui va se tourner ce dimanche.À l’issue de la rencontre face à Givry, la dernière de la saison en D2 amateurs, Thierry Blindenbergh prendra congé d’un club qu’il aura marqué de son empreinte depuis son arrivée à la place de René Hidalgo en avril 2012.

Cinq années au cours desquelles le Biergeois n’aura jamais compté ses heures et son investissement envers un club qu’il a su replacer sur la carte du football belge avec, en guise d’apothéose, un titre en promotion D en 2014, mais aussi un seizième de finale de Coupe de Belgique sur le terrain du Sporting de Charleroi et en direct télévisé en septembre 2015, sans oublier le point glané sur le terrain du Beerschot et ses milliers de supporters quelques mois plus tard.

Entraîneur entier - parfois trop diront ses détracteurs - Thierry Blindenbergh, et son assurance toute bruxelloise, n’avait sur le papier pas tous les atouts de son côté pour tenir sur la durée aux Boscailles, stade d’une petite bourgade de campagne où l’esprit de famille règne en maître, avec ses bons et aussi mauvais côtés. Un club qui en a vu défiler des coachs par le passé. Mais le jeune grand-père, bientôt pour la deuxième fois, a tenu le cap d’un navire sportif duquel il avait les pleins pouvoirs. Et, au final, les résultats plaident largement en sa faveur malgré un contexte extra-sportif parfois difficile.

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L’émotion sera donc présente dans son chef dimanche en fin d’après-midi. "Quand on a donné autant pour un club, cela fait bizarre d’arrêter", nous glisse-t-il lors d’une rencontre à Wavre. "Je pense, en compagnie de tout un staff et d’un président, avoir pu faire évoluer ce club de village, sans aucune notion péjorative. Avec de grands moments de joie. C’est cela que je vais essayer de retenir, même si il y a aussi eu des moments difficiles, notamment sur la fin."

L’homme , qui avait déjà connu des contextes délicats à Rhode puis à Wavre dans son parcours, avoue avoir beaucoup appris ces dernières saisons. "Je ne suis plus le même aujourd’hui. J’ai un caractère fort et je dis toujours ce que je pense, même si cela peut déplaire. Je suis en tout cas encore mieux armé pour affronter les difficultés et les critiques, si elles sont justes du moins. Car s’il y a bien une chose que je ne supporte pas, c’est l’injustice."


Un vrai lien avec son président

Affirmer que tout a toujours été rose en coulisses pour Thierry Blindenbergh serait trahir la vérité. Cependant, s’il y a bien quelqu’un qui ne lui a jamais mis de bâtons dans les roues à Walhain, c’est le président Frédéric Davister. "Merci à Fred de m’avoir laissé gérer le sportif tout au long de ces années. Ma relation avec le comité n’a pas toujours été facile mais le président a toujours été d’une grande loyauté avec moi et c’est ce que je retiendrai." Il ne pouvait évidemment pas oublier Philippe Coppe, son ami qui a accepté de le rejoindre pour endosser le costume de directeur général du club, au moment de faire ses adieux. "C’est quelqu’un d’intelligent et qui n’a qu’une parole. J’ai fait des pieds et des mains pour qu’il revienne à Walhain et son boulot a fait énormément de bien à tout un club."

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Le groupe avant l'individu

Lorsqu’on lui demande de citer un joueur qui l’a marqué, Thierry Blindenbergh en cite dix. Au moins. C’est que Walhain, plus que des individualités, fut un groupe ces dernières années. Sur et en dehors des terrains. "Il y a d’abord Olivier Nanni, devenu mon T2 par la suite, qui incarne la mentalité Walhain . Il avait bien plus de qualités que certains pouvaient le penser et un état d’esprit que j’adore. Il y a aussi Alex Lambert, le plus talentueux. Il avait des mains à la place des pieds et je suis très heureux de sa réussite à Châtelet. Mais comment ne pas citer, aussi, des gars comme Couchie, Schauwers, Mouton, Roulez ou Benazzi. Et d’autres encore. En étant honnête, je devrais mentionner tous les joueurs que j’ai eus car j’ai toujours prôné le groupe. Tous, à leur niveau, ont apporté quelque chose au club."

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Son meilleur souvenir: le match de Coupe à Charleroi

"C’est la rencontre que je retiens. Ce match de Coupe à Charleroi fut la récompense d’un énorme travail. Avoir la chance de vivre un pareil moment, c’est ce dont tous les joueurs ou coachs rêvent. Ce fut une soirée extraordinaire pour moi, symbolisant qu’en foot, les rêves sont accessibles à tous. Walhain, le petit club, était sous le feu des projecteurs et des gars expérimentés comme Schauwers ou Couchie avec des étoiles dans les yeux. Quel bonheur ! Qui plus est, on n’a jamais démérité ce jour-là en offrant un football de qualité."

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