Michel Talki encadre les boxeurs depuis plus de 50 ans.

Lors du trophée Desgain, le BC Élite Enghien a mis Michel Talki à l’honneur pour ses 50 années d’encadrement des boxeurs. À 74 ans, le patron du BC Talki à Blaton a toujours la flamme.

Michel, dans votre jeunesse, quel sport avez-vous pratiqué ?

"La boxe ! J’ai disputé mon premier combat à 16 ans. C’était à Condé, en France, d’où je suis originaire. J’étais en super-légers. J’ai boxé contre des caïds."

Votre meilleur souvenir ?

"C’est une défaite aux points en Allemagne contre un gars qui a été médaillé aux JO. J’avais accepté de combattre mais j’avais emmené mon épouse, de nationalité belge, pour notre voyage de noces."

Comment êtes-vous devenu instructeur et manager ?

"J’ai été victime d’un accident de travail et mon prof de l’époque m’a conseillé d’ouvrir une salle en Belgique. J’ai débuté à Péruwelz en 1969 mais je devais souvent changer de salle. Un jour, dans mon jardin, j’ai pris des mesures. J’ai dit à ma femme que je voulais y créer ma salle. Des amis m’ont aidé. L’aventure a débuté en 1981. Il a fallu un an pour concevoir la salle. J’y travaillais le week-end et lors des congés payés."

Combien de boxeurs suivez-vous ?

"J’en ai 5 ou 6 en compétition et au total, une quarantaine qui fréquentent la salle, hommes et femmes."

Si vous deviez retenir un grand moment. Et un regret ?

"Des bons moments, il y en a eu beaucoup. J’ai eu des cracks sous mon aile. Mon plus grand regret, c’est quand Sheldon Moore m’a quitté. Il aurait pu lutter pour un titre européen et faire carrière."

Thomas Vanneste, que vous entraînez, peut aller loin ?

"Il a sa licence pro, c’est en ordre. Il faudra trouver des adversaires à Thomas mais on y travaille et en avril, il sera sur le ring. Il a du potentiel, c’est sûr, mais attendons un ou deux combats avant d’en dire plus. Soyons prudents."

En 50 ans, la boxe a-t-elle changé ?

"Au niveau de la mentalité, oui. Avant, une parole était une parole. Aujourd’hui, avec les boxeurs comme les professeurs, ce n’est plus toujours le cas. Si je dis que je viens à une réunion avec deux boxeurs, je serai là avec mes deux boxeurs. Je respecte ce que j’ai dit. Je ne change pas et je ne fais pas faux bond."

La passion est toujours là ?

"Je veux continuer le plus longtemps possible. Si un jour je vois que je ne suis plus dans le coup, j’arrêterai. Voir que le boxeur met en application ce que vous lui enseignez, ça c’est le plus plaisant."

Vous avez une recette particulière ?

"Non, si ce n’est une méthode à l’ancienne, mais qui semble fonctionner. Vous savez, quand un boxeur qui n’a pas d’allure monte sur le ring, les gens disent : ‘mais quel mauvais professeur il doit avoir.’ Et si le boxeur est très bon, on dit qu’il a du talent et on ne parle que de lui, pas du prof. La critique est facile. Le travail n’est pas toujours reconnu à sa juste valeur."