C’était il y a dix ans. Pierre Thémont décédait durant la Boucle esplechinoise, victime d’un problème cardiaque en plein effort lors de cette manche de l’ACRHO. Jérôme, son fils, souhaitait disputer l’épreuve cette année. Sauf que la Boucle esplechinoise, comme bien d’autres courses du challenge, n’a pas pu se tenir en raison du Covid.

Néanmoins, le week-end dernier, Jérôme avait décidé d’effectuer symboliquement le parcours afin de rendre hommage à son père. Entouré de quelques amis, il s’était mis un défi en tête.

“Depuis le décès de papa, je me rends chaque année sur la Boucle esplechinoise pour remettre le prix du rush, qui se déroule après un bon kilomètre. Par contre, jusqu’à présent, j’étais incapable de m’aligner sur la course. Émotionnellement, c’était impossible. Mais pour les dix ans du décès de papa, je me suis dit qu’il fallait marquer le coup et en quelque sorte boucler cette boucle, ce qu’il n’avait pas pu faire il y a dix ans. Et tant qu’à faire, autant essayer de signer mon meilleur temps sur 10 kilomètres.”

Autour de Jérôme, une équipe de potes s’est donc constituée, histoire d’effectuer les relais et de le protéger durant la course, car les conditions climatiques étaient exécrables ce week-end. “Le but était de m’entourer de copains qui possèdent un bon niveau. Pas des extraterrestres mais des athlètes régionaux qui courent comme moi ou qui sont un peu plus forts. Dès lors, l’aventure humaine a même dépassé l’aventure sportive. Il faisait froid et il y avait de la pluie et du vent. Nous avons repris le parcours initial et nous sommes passés dans les champs sur des chemins de remembrement, avec parfois de l’eau jusqu’aux mollets. Pour battre un record, ce n’était pas l’idéal. Je devais terminer en 34.20 et je finis en 34.38. Par temps sec, ça aurait pu le faire. Mais quelque part, le plus important était de rendre hommage à mon père. Pour le chrono, j’aurai l’occasion de revenir sur place.”

À l’arrivée de la petite troupe, l’émotion était à son comble. Les souvenirs, nombreux, se sont bousculés. Entouré de ses proches et de ses amis, Jérôme Thémont était heureux. “Oui, ça tenait la route. Ma maman et ma sœur, très émues, étaient là. Mes amis aussi. Nous avons fait durer le plaisir après la course.”

Jérôme avait fait floquer des maillots avec cette phrase : “la vie est courte, profite de chaque instant.” C’est ce qu’il se dit souvent.

“Et encore plus avec la crise sanitaire que nous connaissons. Difficile de prévoir l’agenda sportif par exemple. La Boucle esplechinoise aura-t-elle lieu en 2021 ?”

Mais que ce soit l’année prochaine ou plus tard, Jérôme, c’est sûr, reviendra à Esplechin. Au nom du père…