Tournai-Ath-Mouscron Le judoka tournaisien doit viser un podium au championnat de Belgique.

Samedi après-midi, le Mouscronnois a sauvé la mise du Judo Top Niveau au championnat de la Fédération Wallonie-Bruxelles. "Si les filles assurent quatre qualifications pour le championnat de Belgique senior, à Tielt, le 2 novembre prochain, chez les garçons, seul Julien Debruycker tire son épingle du jeu", admet Bernard Tambour, le boss du club tournaisien qui cumule, désormais, la fonction de directeur technique francophone. "Anthony Gérard et Jefferson Coolsaert sont encore, à l’instar de Julien, en catégorie juniors. Et par conséquent, leurs prestations chez les seniors ne déméritent pas, même si l’on espérait mieux pour eux", grogne, en son for intérieur, le mentor tournaisien.

Julien Debruycker est un judoka atypique. Tout d’abord parce qu’il possède la double nationalité. Belge par sa maman et Français du côté paternel. "Même si j’habite Tourcoing, je suis un vrai Mouscronnois. J’y étudie depuis la maternelle, et j’ai été formé à l’école de judo de Mouscron, sous la férule de Sophie Lutyn qui a fait de moi un homme craint et respecté sur le tatami", rappelle le triple champion de Belgique junior. "À 16 ans, j’ai toutefois rejoint les rangs du club de Bernard Tambour, car j’avais besoin d’adversaires plus costauds à l’entraînement", poursuit-il en évoquant, avec respect, son entraîneur d’aujourd’hui.

"Il n’y a pas de secret, en intégrant la cellule élite du Judo Top Niveau, Julien est devenu, trois années de suite, champion de Belgique junior. C’est un garçon qui en a dans le kimono et doit se montrer à la hauteur de ses ambitions", observe Bernard Tambour, mi-entraîneur, mi-cadre technique.

À 20 ans, le garçon se destine à des études de diététicien et escompte mener, de front, une carrière de sportif de haut niveau. Julien Debruycker s’entraîne ainsi, deux fois par semaine, avec le Pôle espoir français à Tourcoing. Et le mercredi à Bruxelles, avec les élites francophones.

Le reste du temps, Bernard Tambour se charge de le faire suer, avec pour objectif de voir Julien grimper sur le podium national, chez les seniors, dans quinze jours.

“Je ne serai probablement jamais sage”

 Bernard Tambour est désormais le nouveau directeur technique général de la Fédération francophone belge de judo. À 67 ans, je suis très fier d’avoir été approché par ces instances dirigeantes pour assumer cette nouvelle tâche. Avec l’âge et l’expérience, je veux faire table rase du passé et construire, à présent, un projet relationnel plutôt qu’autoritaire et directif ”, affirme le patron du judo tournaisien. J’ai d’ailleurs constitué une équipe de trois collaborateurs, pour mener à bien les objectifs de la nouvelle direction technique , explique-t-il, avec un esprit de conciliation qu’on ne lui connaissait pas jusqu’ici.

Je ne sais pas si je m’assagis, et sans doute ne le serais-je jamais. Mais, c’est collégialement que je veux porter un projet novateur auprès de l’ADEPS, à l’instar du judo handisport déjà exemplaire en la matière.