Les frères Rochus rêvent du Top 50

Miguel Tasso

Les deux premiers joueurs belges seront les grandes attractions du tournoi de Charleroi

NIVELLES Nous sommes au club de l’Argayon, à Nivelles. Sur un des courts, dans l’anonymat le plus complet, Christophe et Olivier Rochus, les deux premiers joueurs belges du moment, frappent la balle. Dans la bonne humeur. Comme lorsqu’ils usaient leurs premières cordes de raquette sur la terrasse de la maison familiale transformée en minicourt de tennis. “On n’a pas l’occasion de s’entraîner souvent ensemble. Alors, cette semaine, on en profite” , expliquent-ils d’une même voix.
Les deux Auvelaisiens préparent, en vérité, le tournoi challenger de Charleroi (100.000 $) qui se déroulera la semaine prochaine et pour lequel ils ont été désignés premières têtes de série. “ Je me réjouis d’y participer. Il est temps que la Belgique organise de vrais tournois de niveau international. Quand je vois qu’il existe des épreuves ATP en Ouzbékistan ou en Inde, c’est très frustrant…”, confie Olivier.
A dix-neuf ans, celui-ci est devenu le numéro un national. Au dernier classement publié par l’ATP, il se retrouve à la septantième place mondiale et précède désormais son frère de neuf longueurs. “Mais on continue à se parler”, ironise Christophe, pas fâché pour un sou de cette prise de pouvoir fraternelle.
Classé à la 350e place en début de saison, Olivier s’érige en véritable rookie of the year, comme disent les Américains. “ Mon ambition était de me retrouver dans le Top 200, me voici 70e ! C’est d’autant plus extraordinaire que je n’ai pas l’impression d’avoir fondamentalement changé mon style de jeu ou ma préparation ! Je joue simplement plus en confiance, sans trop me poser de questions…”.
Désigné comme un futur prodige dès son plus jeune âge, vainqueur de l’Orange Bowl chez les cadets et demi-finaliste de Wimbledon et de Roland-Garros chez les juniors, Olivier avait ensuite légèrement marqué le pas. “ En fait, je n’ai jamais vraiment douté. Mais bon, j’ai mis un point d’honneur à terminer mes humanités avant de me lancer à fond dans le tennis. Il était logique que ma progression se fasse par paliers…"

Ramasseur de balles !

Vainqueur cette année du tournoi challenger d'Ostende, lauréat du tournoi ATP de Palerme, héros de l’Open de Wimbledon (où il s’offrit le scalp de Magnus Norman en personne), le petit Olivier est devenu grand ! Et il s’est fait un prénom sur le circuit. “ Il y a quelques mois encore, je me faisais souvent chasser des courts d’entraînement par les organisateurs qui me prenaient pour un ramasseur de balles. Ce n’est plus le cas aujourd’hui…”
Au contraire, par ses résultats et la qualité de son jeu, Olivier a gagné l’estime et le respect. “Au début, ça fait un peu bizarre de se retrouver dans le même hôtel ou dans les mêmes navettes que des joueurs du Top 20 mondial. Mais on s’y fait vite. D’autant que ce sont eux qui prennent souvent l’initiative de la conversation en te félicitant pour un match ou un résultat…”.
Cette vie de nomade des courts, à laquelle il rêve depuis tout gosse, ne le surprend guère. “ Elle a ses bons et ses mauvais côtés. Le soir, au bout du monde, on se retrouve souvent seul dans sa chambre d’hôtel à zapper sur des chaînes de télé dont on ne comprend pas un mot. On passe des heures dans des avions pour ne jouer parfois qu’un seul petit match. Mais, à côté de ça, il y a tant de bons côtés !” Le plus souvent, Olivier est accompagné sur le circuit par son fidèle coach de l’AFT, Thierry Van Cleemput. “ Et le fait que Christophe joue souvent les mêmes tournois est très positif moralement. On s’entend très bien et est on est très complices…”.
A l’évidence, Olivier est bien dans sa peau. Jadis très fermé sur lui-même, voire carrément introverti avec les journalistes, il est aujourd’hui disert, souriant, blagueur. “ C’est vrai, j’ai aussi évolué sur ce plan-là…”, sourit-il, un peu genre je suis timide mais je me soigne !
Le jeune homme a, en tout cas, revu ses objectifs à la hausse. " Je ne veux pas me mettre de pression inutile sur les épaules. Mais bon, je n’aurai pas beaucoup de points à défendre en début de saison. J’espère donc atteindre le Top 50...", affirme- t-il du bout des lèvres.
Fort de son talent naturel, de sa faculté à s’adapter à toutes les surfaces (avec une petite préférence pour la terre battue) et de se surpasser dans les grands moments “ je suis un perfectionniste qui déteste perdre”, Olivier Rochus est parfaitement capable de relever le défi.

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