«Kim battra Serena en... finale!»

Serge Fayat


Bart Van Kerkhoven, son premier entraîneur, avait parié un fût qu'elle ferait partie du Top 10

GENK Il avait vite compris. A peine lui avait-il fallu quelques semaines. Elle était née pour le tennis comme Mozart pour la musique...

«Cela va peut-être vous paraître prétentieux, mais alors qu'elle avait à peine huit ans, j'avais parié avec un ami qu'elle ferait un jour partie du Top 10 mondial...», sourit-il. J'avais parié un fût de bière. J'attends toujours de pouvoir faire une grande fête avec elle afin de le boire. Peut-être après sa victoire à Roland-Garros...»

Il s'appelle Bart Van Kerkhoven. Il est limbourgeois. Et il fut... le tout premier entraîneur de Kim Clijsters.

«Cela fait tout juste 20 ans que je donne des cours au Tennisdel de Genk. Un jour, j'ai vu Lei Clijsters arriver avec ses deux filles. Kim avait six ans et Elke quatre et demi. Très vite, j'ai réalisé que j'avais en face de moi deux talents à l'état pur. La manière de fixer la balle avec les yeux, de se positionner, puis de frapper, ne trompait pas. A ce moment-là, je pensais même que la petite soeur serait plus forte que la grande. Elle sentait mieux le jeu. Elle anticipait un petit peu à la façon de Hingis.»

Aujourd'hui, cela dit, c'est bien Kim qui se trouve une nouvelle fois en demi-finale d'une levée du Grand Chelem. L'aînée de la famille est même solidement installée à la deuxième place mondiale, tandis que la cadette végète aux alentours de la 450e. La différence, selon Bart Van Kerkhoven, se résume à une question de motivation.

«Elle frappait très fort dans la balle»

«Il suffirait d'une étincelle, car je reste convaincu qu'Elke possède le potentiel pour se nicher dans le Top 30. Kim, de son côté, a rapidement dégagé cette détermination qui fait les grands champions. A chaque exercice qui lui était proposé, elle en faisait le double. Je me souviens qu'après un an de cours, elle frappait déjà très fort dans la balle. Et puis, elle était déjà dotée d'un certain physique. Logique, avec l'héritage d'un père footballeur et d'une mère championne de Belgique de gymnastique. Je ne l'ai jamais freinée et je pense qu'elle m'en est reconnaissante, car son tennis s'est construit sur base de ses qualités naturelles et pas selon un canevas prédéterminé.»

Bart Van Kerkhoven a travaillé avec Kim entre 1992 et 1996, avant de la voir prendre le chemin du centre VTV de Wilrijk. Il fut ainsi à ses côtés lorsqu'elle remporta son tout premier trophée, un titre de championne de Belgique, à l'âge 11 ans. Aujourd'hui, il suit toujours sa carrière, même s'il avoue, un tantinet blasé, qu'il faut qu'elle dispute une demi-finale d'une levée du Grand Chelem pour qu'il se mette à s'enthousiasmer.

«On s'habitue vite. Et pourtant, ce qu'elle réalise est exceptionnel. Je me rappelle avoir frissonné lorsqu'elle rencontra son idole Steffi Graf à Wimbledon. Et j'étais dans les tribunes, à Paris, il y a deux ans, lors de sa finale perdue contre Jennifer Capriati. Kim possède à nouveau une belle occasion de se hisser en finale. Moi aussi, à choisir, je préférerais rencontrer Nadia Petrova que Venus Williams ou Jennifer Capriati.»

Pas de billet pour lui!

Le Limbourgeois ne prendra pas la direction de la Porte d'Auteuil cette année. Il n'a, tout simplement, pas de billet, et ne se voit pas en acheter au marché noir. Il n'empêche, il sera de tout coeur avec son ancienne élève par écran de télévision interposé.

«Serena Williams est apparue terriblement forte contre Amélie Mauresmo, mardi, mais Kim et Justine peuvent lui rendre la vie dure. Il faut d'ailleurs reconnaître le mérite des soeurs et ne pas oublier qu'elles ne jouent que deux tiers des tournois disputés par les autres. C'est embêtant que Serena soit encore là, sourit-il. Si me demandez un pronostic, je dirais que je ne vois Justine la vaincre en demi-finale. En revanche, je crois que Kim la battra en finale...»

On parie un fût?

© Les Sports 2003

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