Kim et Justine: le grand Paris

Mig. T.
Kim et Justine: le grand Paris
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Serena Williams ne doute de rien ni de personne

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Dossier Roland Garros: tableaux, etc.

PARIS Elle fait figure d'épouvantail. Son palmarès a, il est vrai, de quoi impressionner. A 21 ans, Serena Williams a déjà remporté cinq tournois du Grand Chelem, dont les quatre derniers! «Et j'espère ne pas m'arrêter en si bon chemin. Mon but est d'écrire l'histoire. Gagner quatre Majors d'affilée, c'est déjà pas mal. Mais on peut faire mieux...» confie-t-elle.

Programmée par son père Richard pour gagner, un peu à la façon de Tiger Woods en golf, le n°1 mondial a le profil de l'emploi: un sculptural physique de panthère noire (1,73 m pour 73 kg), une puissance athlétique dévastatrice et une incroyable confiance en soi qui prend parfois des allures de dédain envers les autres. Parfois, on la croirait prête à tuer son adversaire. «Au plus haut niveau, il faut être prête à faire pratiquement n'importe quoi pour gagner», confirme-t-elle.

Dans ce Roland-Garros, on la disait en petite forme. On avait critiqué sa prestation face à Sugiyama. Elle a fait taire la rumeur en balayant les rêves de Mauresmo: 6-1, 6-2. «En général, je monte en puissance à partir des quarts. Lorsque je sens que la victoire finale est proche...» Voilà Justine Henin, qui la défiera cet après-midi sur le central, prévenue. «Ce sera une sorte de revanche car elle m'a battu la dernière fois à Charleston. Mais j'avais mal joué, je n'étais pas en forme, je tentais des coups stupides. Et, grâce à mon expérience, je ne commets jamais deux fois les mêmes erreurs...» Serena Williams est sûre d'elle-même. C'est dans sa nature. «Justine est une excellente joueuse. Mais je sais ce qu'il faut faire pour la battre...» De mauvaises langues ont émis des doutes sur ses épaules de déménageur et ses services à 200 km/h. Mais elle est aussi passée maîtresse dans l'art du passing-shot à l'égard du dopage. «Je crois qu'il y a des drogues dans certains sports comme l'athlétisme. Mais moi je déteste les seringues et je pleure dès que l'on me pique...»

Fière de ses origines, elle se réjouit d'être la meilleure du monde dans un sport traditionnellement réservé aux blancs. «J'avais assisté à la finale de Zina Garrison à Wimbledon en 1990. Et je m'étais dit qu'un jour, je remporterais ce tournoi. Ce fut un véritable déclic dans ma tête. J'espère être un modèle pour toutes les jeunes noires et pour toutes les minorités», déclarait-elle récemment à nos confrères de L'Equipe.

On la dit d'humeur changeante. Pas très causante avec les autres joueuses. Et très imprévisible dans sa préparation. Il lui arrive, ainsi, de faire l'impasse sur un entraînement à la grande surprise de son coach. «Si c'est durant un tournoi, je m'efforce de monter sur le court. Mais s'il s'agit d'un entraînement classique, je ne me gêne pas pour faire l'impasse!» Sauf aux States, elle met rarement le public dans sa poche. «Mais cela ne me dérange pas. J'ai appris à me construire une bulle sur le court. Durant un match, je n'entends que le bruit des balles. Cela me donne une grande confiance...»

Elle ne mange ni porc, ni boeuf et envisage de devenir végétarienne tant son estomac est fragile. Et, après sa carrière de tenniswoman, elle rêve de créer avec sa soeur une grande maison de design. «Venus pourrait s'occuper du département de décoration intérieure et moi de celui des vêtements...» Nul ne sait, au vrai, quel avenir nous réserve Serena Williams! Certains prédisent qu'elle pourrait quitter le circuit sur un simple coup de tête. Mais, à l'évidence, ce n'est pas d'actualité!

La façon dont elle a battu Mauresmo en dit long sur son état d'esprit. La déesse d'ébène n'a plus perdu dans un tournoi du Grand Chelem depuis 35 matches! Sa dernière défaite remonte à la finale de l'US Open 2001 perdue face à... Venus! Justine Henin parviendra-t-elle à mettre fin à cette folle série?

© Les Sports 2003


"Surtout changer de cadence"




Le dernier conseil de Carlos Rodriguez à Justine Henin avant son match face à Serena Williams


PARIS Justine Henin est prête. Prête à gagner, prête à perdre. Prête, surtout, à se battre. Hier après-midi, sur le court n°13 - celui qui porte évidemment bonheur - la Rochefortoise a effectué un dernier entraînement en compagnie de Paolo, son sparring partner italien habituel. «Je la sens très bien. Très concentrée. Pour elle, son contrat est déjà presque rempli. Face à Serena Williams, elle sera donc l'outsider. L'Américaine est la tenante du titre et le n°1 mondial. La pression est sur ses épaules...», explique Carlos Rodriguez, le coach de la joueuse belge.

Ce dernier est sûr de la tactique à employer pour déstabiliser la championne américaine. «Il faudra, d'abord, varier la cadence. Serena déteste les changements de rythme et les variations de longueur de balle. Il faudra, ensuite, mettre un maximum d'effet dans les balles afin de la faire douter sur chaque point et ne jamais répondre par la force. Et, si possible, ne pas jouer à mi-hauteur. Williams n'apprécie ni les balles basses ni les balles hautes...»
Et puis, bien sûr, il y aura le service. Si important. Justine devra passer un maximum de premières balles sous peine de se faire agresser en retour. «Elle devra surtout servir sur le corps de son adversaire en utilisant des balles médianes plutôt que des balles extérieures...»
Enfin, si tout commence mal, Justine devra s'accrocher. Un peu, beaucoup, à la folie. «Même si elle gagne facilement le premier set, Serena peut ensuite perdre les pédales...»
Mais tout cela, évidemment, c'est de la théorie. La vérité du terrain est souvent très différente. On le sait: chez Justine tout se joue essentiellement dans la tête. «Mais je la sens assez décontractée au contraire de Serena qui a beaucoup plus à perdre qu'à gagner», ajoute Carlos Rodriguez. Info? Intox? A ce stade du tournoi, tous les coups sont permis en coulisses. «De toute façon, c'est sur le court que tout va se décider...»

Justine Henin jouera en deuxième match. Lorsqu'elle montera sur le court central, elle connaîtra le résultat de Kim Clijsters et saura donc si, en cas de victoire face à Serena, elle disputera samedi la fameuse finale belge que tout le monde attend! «Cela lui donnera une motivation supplémentaire», ajoute Carlos Rodriguez.
Ce jeudi, en tribune d'honneur, seul le ministre des Sports de la Communauté française, Rudy Demotte, est annoncé. Nul doute qu'en cas de présence belge en finale, la demande sera bien plus grande. Aussi bien du côté des hommes politiques que du Palais royal. Comme en 2001, pour le match Capriati-Clijsters, il faudra peut-être un autocar pour véhiculer le gratin du pays vers la Porte d'Auteuil...

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