Serena Williams en a pleuré!

Mig. T.

Elle n'avait plus perdu dans un Grand Chelem depuis l'US Open 2001

PARIS Justine Henin n'a pas l'habitude d'exprimer exagérément ses émotions. Ni dans la victoire, ni dans la défaite. C'est dans sa nature. Hier soir, devant la meute des journalistes internationaux venus l'écouter, elle s'efforçait donc de rester très sereine. On devinait pourtant, derrière un visage apparemment très calme, un évident bonheur. «C'est vrai, à l'intérieur, c'est très chaud. Mais ce n'est pas fini. C'est juste une étape. A présent, il me faut penser à la finale. Et la préparer le mieux possible...»

De son propre aveu, Justine a vécu, hier, ses plus fortes émotions comme joueuse de tennis. Et elle a livré l'un des meilleurs matches de sa carrière. «C'est, sans discussion, ma plus belle victoire avec celle remportée en demi-finale du tournoi de Wimbledon en 2001.»

La Rochefortoise est consciente que tout s'est joué sur quelques points. «Dans le troisième set, le match pouvait basculer à tout moment. On avait toutes les deux très envie de la victoire. La tension était très forte. Je me suis battue de toutes mes forces, sur tous les points...»

Dans sa tâche, Justine a reçu l'aide importante d'un public survolté, tout acquis à sa cause. «Il m'a réellement porté dans les moments décisifs. Il y avait les Belges, bien sûr, qui faisaient beaucoup de bruit. Mais le public français était aussi avec moi et cela m'a réellement fait plaisir...»

A un certain moment du match, certains supporters n'hésitèrent pas à applaudir les doubles fautes de Serena! «C'était vraiment très limite. Je ne trouve pas très fair play de siffler sur une balle de service ou d'applaudir une erreur. Mais ce n'est pas une excuse pour expliquer ma défaite. Justine a très bien joué. Elle a très bien commencé la partie. Elle était très agressive. Plus que moi...» confie l'Américaine.

"Je déteste perdre"

Des trémolos dans la voix, Serena laisse glisser une larme sur ses paupières. Elle n'avait plus perdu dans un tournoi du Grand Chelem depuis l'US Open 2001. Trente-cinq matches sans défaite, cela compte. «Je n'ai pas l'habitude de pleurer. Mais je déteste perdre. Et je voulais absolument gagner ici. Je ne sais pas s'il s'agit de la défaite la plus douloureuse de ma carrière. Celle de l'US Open 2000 face à Lindsay Davenport était aussi très dure. Mais je me sens déçue car j'ai l'impression que j'aurais pu faire beaucoup mieux. Aujourd'hui, j'ai mal servi. Ma première balle ne passait pas. Et j'ai été trop irrégulière dans les échanges...»

Elle s'efforce de s'en faire raison. Pour elle, le tournoi est fini. «En sport, les favoris ne gagnent pas toujours. C'est arrivé à d'autres avant moi. Quand j'étais numéro trois ou quatre mondial, je voulais aussi toujours battre la numéro un...»
A la question de savoir qui gagnera la finale, Serena s'est bien gardé de se prononcer. «Ce sera la meilleure des deux. Mais je ne crois pas que je la regarderai...»
Allez savoir pourquoi!

© Les Sports 2003


Carlos Rodriguez: "Williams était nerveuse"

PARIS Carlos Rodriguez, le coach de Justine Henin, a vécu la fin du match avec son fils sur les genoux. Comme pour porter bonheur à son élève! «C'est une fantastique victoire, expliqua-t-il, heureux. A 4-2 dans le troisième set, j'avoue que j'ai douté. Mais Serena a commis quelques erreurs tactiques. Elle devait être un peu nerveuse et Justine a su en profiter. Et le match a basculé...» Il reste, à présent, à l'entraîneur à mettre au point une tactique aussi pointue pour que Justine batte Kim Clijsters en finale. «Mais, là, il est un peu tôt pour en parler...» sourit-il. Place, d'abord, à la décompression.

Mig. T.

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