Kim: «Ce n'est pas la fin du monde»

S. F.


Clijsters était déçue, mais contente pour Henin

ENVOYÉ SPÉCIAL EN FRANCE SERGE FAYAT

PARIS Roland-Garros s'est donc à nouveau refusé à Kim Clijsters. La veille de son vingtième anniversaire, la Limbourgeoise n'a pas réussi à devenir la première joueuse belge à inscrire son nom au palmarès d'une levée du Grand Chelem. Deux ans après sa mémorable finale perdue ici même 12-10 au troisième set contre Jennifer Capriati, la Limbourgeoise a cette fois échoué contre Justine Henin-Hardenne.

«Il fallait bien que quelqu'un perde et malheureusement, ce fut moi...», confia-t-elle en des termes empreints de beaucoup de fatalisme. Je suis déçue, car j'estime avoir été loin de pratiquer mon meilleur tennis, mais je félicite Justine pour sa victoire. Il s'agit d'un grand moment pour elle et je suis très contente pour elle. Non, elle n'a pas gâché ma fête d'anniversaire. Elle a mérité de remporter cette finale. Elle était la meilleure...»

C'est vrai que Justine Henin a livré une excellente finale. Variant bien les effets et n'hésitant pas à rentrer dans le terrain quand l'occasion se présentait, elle n'a pas du tout donné l'impression d'être perturbée par l'importance de l'enjeu. Kim Clijsters, en revanche, est complètement passée à côté de son sujet. Comme si elle était retenue par un fil d'acier, comme si c'était elle, d'habitude si solide mentalement qui était paralysée par la portée de l'événement, la petite amie de Lleyton Hewitt n'est jamais vraiment parvenue à se libérer et à lâcher ses frappes dévastatrices du fond du court.

«J'étais nerveuse, c'est clair, car il s'agissait d'un grand événement, mais pas vraiment plus que d'habitude. En tout cas, je ne pense pas que ce facteur ait influencé l'issue de la partie d'autant que les premiers jeux furent plus serrés que le score ne le laisse supposer. J'avoue que je ne parviens pas à avancer d'explication. À Berlin et à Rome, j'avais très bien joué, tandis qu'ici, je ne suis jamais parvenue à tutoyer ce niveau de toute la quinzaine. J'estime dès lors que je peux être fière d'avoir réussi pareil parcours. Atteindre la finale sans bien jouer, c'est tout de même bon signe...», sourit-elle.

Sans bien jouer, d'ailleurs, la Limbourgeoise eut l'occasion de renverser la situation en milieu de deuxième set. Après avoir sauvé, d'un bon premier service, une balle de 5-2 en faveur de son adversaire, elle recolla ainsi un brin miraculeusement à 4-4. Le scénario de la demi-finale de 2001, qui l'avait vu s'imposer en trois sets, ne se reproduisit, certes, pas. Concédant son service dans la foulée en commettant de nouvelles grosses fautes directes, elle scella elle-même son sort.

«C'est la preuve que je me suis battue. Si je ne m'étais pas accrochée dans ce deuxième set, je crois que je l'aurais perdu encore plus facilement. Justine, cela dit, ne m'a rien laissé. Elle ne m'a rien donné gratuitement. Comparé à d'autres matches, elle a ramené énormément de balles pour m'obliger chaque fois à repartir de zéro dans l'échange. Et peut-être qu'à ce moment-là, j'ai essayé de trop en faire en cherchant absolument à jouer les lignes.»

Battue pour la deuxième fois de sa carrière en finale d'une levée d'un Grand Chelem, Kim Clijsters, cela dit, était loin d'en faire un drame. De nature positive, elle tournait déjà son regard vers sa finale du double qu'elle disputera ce dimanche avec sa partenaire japonaise Ai Sugiyama.

«Ce n'est qu'un match de tennis. Ce n'est pas la fin du monde. C'était chouette de se trouver sur le terrain et j'aurais bien aimé gagner, mais je suis encore jeune et j'espère que je bénéficierai d'autres occasions...»

Rendez-vous à Wimbledon...

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