«Un tournoi comme un autre...»

S. F.

Malisse se sent capable de rééditer son exploit de l'an dernier

LONDRES Xavier Malisse, comment vous sentez-vous à l'aube de Wimbledon?

«Détendu. L'adaptation au gazon s'est bien déroulée. En atteignant les quarts de finale du simple et les demi- finales du double au tournoi du Queen's, j'ai pu disputer beaucoup de matches et retirer de bonnes sensations. Et cette semaine, j'ai participé à l'exhibition de Stoke Park, où j'ai notamment battu Andy Roddick, 7-6 au troisième set. C'est la preuve que je ne joue pas trop mal...»

Quelles ont été les plus grosses difficultés rencontrées. Le gazon n'est pas votre surface de prédilection...

«J'aime bien évoluer sur toutes les surfaces, même si je reconnais que j'ai été éduqué sur terre battue et ensuite sur dur lors de mes années passées en Floride. Sur gazon, les joueurs possédant un bon toucher sont toujours un petit peu avantagés, et cela n'est pas pour me déplaire. L'herbe, d'ailleurs, est devenue moins rapide ces derniers temps, ce qui permet de pouvoir bien se débrouiller depuis le fond du court. Le rebond est aujour- d'hui plus haut et plus franc, les balles sont un petit peu plus lourdes, et cela me convient bien. J'adore tirer des passing-shots...»

Vous avez passé les deux dernières semaines en Angleterre pour vous préparer. C'était voulu?

«Tout à fait. J'avais déjà privilégié cette option l'an dernier, et cela ne m'avait pas trop mal réussi... (Sourire.) En Belgique, les possibilités de s'entraîner sur gazon sont quasi nulles. Ici, les conditions sont idéales.»

Vous avez choisi de résider dans une villa. C'est mieux qu'à l'hôtel?

«J'y suis avec ma petite amie Carmen, et cela me plaît. Toute l'année, nous logeons dans des hôtels. C'est une fois quelque chose de différent.»

Vous cuisinez?

«Absolument pas. Vous m'avez déjà vu? (Sourire.) Le soir, cela dit, nous allons régulièrement au restaurant avec des connaissances.»

Comment abordez-vous ce Wimbledon?

«Avec beaucoup de sérénité. Je suis très motivé mais j'essaye de considérer qu'il s'agit d'un tournoi comme un autre. J'ai bénéficié d'un petit peu de chance l'an dernier en gagnant un ou deux matches en cinq sets mais je sais que si je suis parvenu à me hisser en demi-finales l'an dernier, je peux le refaire une deuxième fois. Je ne vais néanmoins pas me mettre de pression inutile sur les épaules. Cela ne sert à rien. La saison sur gazon est tellement courte qu'il faut la prendre comme une détente. Bref, si cela ne devait pas tourner en ma faveur, je n'en ferais pas un drame.»

Martin Verkerk a déclaré que son accession en finale à Roland-Garros était... une très bonne blague. Comment avez-vous perçu la vôtre en demi-finales ici l'an dernier?

«Je ne pense pas que cela ait été aussi fou. Connaissant mon potentiel, cela faisait partie du domaine de l'ambition et de l'espoir que peut nourrir un joueur de tennis. J'avoue cependant qu'avec toute l'excitation qui régna autour de ma personne, la deu- xième semaine de mon tournoi devint plus une question de superstition que de tennis...»

Quelles images gardez-vous de votre épopée?

«L'atmosphère régnant sur le center court lors de mon match contre Greg Rusedski ainsi que ma victoire 9-7 au cinquième set contre Richard Krajicek. Cette accession en demi-finales restera un souvenir pour le restant de ma vie. L'ennui, c'est qu'il n'y a pas toujours moyen de savourer ce genre de moment à sa juste mesure car il y a toujours un autre tournoi.»

Comment comptez-vous vous y prendre pour défendre vos points?

«Comme l'an dernier. J'aurais pu hériter d'un meilleur tirage mais je vais me battre sur chaque balle et prendre les matches comme ils viennent. Je sais qu'il me faudra surtout bien retourner car les occasions de prendre le service adverse devraient être plus nombreuses. Et puis, il faudra un brin de réussite. Sur gazon, c'est toujours le cas...»

© Les Sports 2003

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