Franz Lemaire quitte le court

Miguel Tasso

Atteint par l'âge de la retraite, le secrétaire général de l'AFT cède la main. Portrait

BRUXELLES Touché par le couperet de l'âge, Franz Lemaire s'apprête à savourer une retraite cent fois méritée.

Secrétaire général de l'AFT, l'Association francophone de tennis, depuis près de vingt-cinq ans, cet homme de l'ombre, compétent et toujours disponible, va laisser un énorme vide dans la grande famille du tennis belge, où il était devenu, ce que l'on peut appeler, un incontournable.

«L'évolution du football ne me plaisait plus»

Elevé dans le sérail du... football, Franz Lemaire défendit notamment les couleurs du RFC Liégeois, de Beringen et du FC Tilleur comme gardien de but avant de devenir le sécrétaire adjoint de Roger Petit au Standard. «Mais lorsque l'AFT m'a proposé, en 1979, à l'heure du splitsing, de rejoindre ses rangs, je n'ai pas hésité une seconde. L'évolution du football ne me plaisait plus...» expliqua-t-il pour évoquer cette tournure prise dans son existence.

A ses débuts, les bureaux de l'AFT étaient installés près de l'avenue Louise, dans les bâtiments du Tennis Club de Belgique. Ils ont ensuite déménagé rue des Aduatiques, dans la tour Rogier et, depuis 1994, dans la Galerie de la Porte Louise.

Forçat du travail, omniprésent, toujours à l'écoute des clubs, Franz Lemaire poussait sa passion jusqu'à transformer, le week-end, le salon privé de sa maison d'Alleur en bureau de travail, où il collationnait, en compagnie de sa femme Hélène, les résultats des Interclubs!

«Je n'ai jamais compté mes heures»

«C'est vrai, je n'ai jamais compté mes heures. Mais je n'ai jamais eu le sentiment de travailler. C'est la passion qui me guidait. D'ailleurs, elle est toujours intacte. Si cela ne tenait qu'à moi, je continuerais...» sourit-il.

Fier d'avoir travaillé avec des hommes de la dimension d'Armand Crombez, Jean-Pierre de Bodt ou André Stein, il a toujours oeuvré pour l'essor du tennis, avec efficacité et diplomatie. Au secrétariat, il s'occupait de tout, ou presque, du courrier à la rédaction des règlements de tournois!

«L'AFT ne retrouvera jamais un tel serviteur», confie André Stein, son actuel président. Apprécié de tous, des présidents de club aux journalistes, il n'a gardé que des amis côté court, des deux côtés de la frontière linguistique! De son propre aveu, il porte un regard angoissé sur sa prochaine vie de retraité.

«Je consacrerai davantage de temps à ma famille, à ma femme, à ma fille Dominique et à mes petits-enfants Grégory, Vincent et Denis. Et puis, j'aurais sans doute l'occasion de jouer un peu plus au tennis» (NdlR: il fut classé B 0 en 1969)...

Pierre Delahaye

Il aidera également son successeur Pierre Delahaye - également Liégeois et formé dans le football - à trouver ses marques dans sa nouvelle maison. «L'AFT a de grands défis à relever dans les prochaines années. Elle se doit de rattraper son retard dans l'informatisation des clubs et d'augmenter le nombre de licenciés. Je suis sûr qu'elle y parviendra...» conclut-il avant de passer la main.

© Les Sports 2003

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