«Cette défaite me fait très mal mais la vie continue»

ENVOYÉ SPÉCIAL EN FRANCE MIGUEL TASSO
«Cette défaite me fait très mal mais la vie continue»
©EPA

Battue par l'Italienne Garbin, Justine Henin tombe de haut

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PARIS A Roland-Garros, les années se suivent et ne se ressemblent pas pour Justine Henin. Il y a un peu moins d'un an, la Namuroise quittait le temple parisien du tennis avec la Coupe Suzanne Lenglen dans ses bagages, riche de son premier titre en Grand Chelem. Hier, c'est en toute discrétion, le regard triste et le teint pâle, que la première joueuse mondiale a pris congé de l'édition 2004. Ainsi va la vie. Après le succès de Justine, au premier tour, face à Sandrine Testud, toute la Belgique s'était prise à rêver d'un historique doublé. L'intéressée, elle-même, semblait plutôt optimiste. Hier, l'Italienne Tathiana Garbin, 86e mondiale, s'est chargée de briser le grand rêve. «C'est une grosse déception. Sans doute la plus grosse de ma jeune carrière sportive. Elle me fait très mal. Mais il faut l'accepter. Dans la vie, il y a des hauts des bas, des bons et des mauvais moments. Je dois assumer, même si ce n'est pas facile. Je suis sûre que je rebondirai rapidement», expliqua la Namuroise après sa défaite (7-5, 6-4) sur le court Suzanne Lenglen.

Prisonnière d'un mauvais stress, Justine Henin était, hier, méconnaissable. Sans punch, en retard dans ses déplacements, très irrégulière au service, elle n'entra jamais dans la partie. Ses statistiques sont éloquentes: 10 doubles fautes, 48% de premières balles, 30 fautes directes pour 23 points gagnants. «C'est très frustrant. Rien n'allait. Même à 4-2 pour moi, dans le deuxième set, c'était comme si je n'y croyais pas. Je n'arrivais pas à me concentrer. J'étais dans le vide, incapable d'être positive... » La voix de Justine est claire. Mais on devine une grande frustration dans son timbre. Et une envie de fuir, au plus tôt, les caméras, les flashes et les micros. «Je savais qu'il n'était pas facile de retrouver son meilleur niveau après une longue absence. Mais ma victoire de lundi face à Testud m'avait donné une certaine confiance. C'était une erreur. Je n'aurais pas dû focaliser toute mon attention sur ce premier tour...»

Pas à 100% physiquement

Justine estime qu'il est trop tôt pour analyser cet échec. «Mais je ne crois pas qu'il s'agissait d'une erreur de participer à ce tournoi. J'avais le sentiment d'être en forme. Mes sensations étaient bonnes. Je ne regrette rien.» Elle admet toutefois, en filigrane, qu'elle n'était pas à cent pour cent physiquement. «Je manquais de rythme. Deux mois sans compétition, c'est beaucoup. Surtout après une maladie due, précisément, à l'accumulation de matches... »

Il reste à présent à Justine à repartir, au plus vite, du bon pied. Fût-elle douloureuse à accepter et à digérer, cette élimination prématurée va lui permettre de préparer le tournoi de Wimbledon - le seul du Grand Chelem qui manque encore à son palmarès - dans les meilleures conditions. «Ce genre de défaite est déjà arrivé à d'autres champions. Il y a des choses plus graves dans la vie. Sur le coup, c'est dur à avaler. Mais je vais vite penser à d'autres choses, à de nouveaux défis à relever. Wimbledon va arriver très vite et je ferai tout pour être fin prête... »

Voici une semaine, Justine Henin nous avait dit qu'elle abordait ce tournoi de Roland-Garros avec la volonté de prendre du plaisir. Elle n'y est pas arrivée. Hier, le plaisir s'est même transformé en cauchemar.

© Les Sports 2004


Les soeurs Williams et Mauresmo n'avaient pas raté leur rentrée

PARIS Sur le circuit féminin, Justine Henin n'est évidement pas la première joueuse du Top 10 mondial à renouer avec la compétition après une absence prolongée des courts. L'exemple le plus récent concerne d'ailleurs les soeurs Williams. Ainsi, Venus a-t-elle retrouvé le circuit, qu'elle avait quitté depuis sa finale perdue à Wimbledon en juillet 2003, lors de l'Open d'Australie. Son résultat à Melbourne: une défaite au 3e tour contre l'américaine Lisa Raymond. Quant à sa soeur Serena, opérée du genou en août 2003, soit après sa victoire à Wimbledon, elle a effectué son retour en mars 2004 par une victoire dans le tournoi de Miami (6-1 6-1 en finale face à Dementieva). Glissons, alors, sur le cas posé par Amélie Mauresmo, elle aussi souvent tracassée par des pépins physiques. Contrainte à l'abandon, à la veille de disputer les quarts de finale de l'Open d'Australie en janvier, la Française a effectué sa rentrée neuf semaines plus tard. Verdict: une défaite en finale du tournoi d'Amelia Island (face à Davenport) après avoir éliminé Henin en demi-finales! Place, maintenant, à Lindsay Davenport, elle aussi une habituée des cliniques. Au sortir du Masters 2001, la grande américaine a été opérée au genou, intervention qui l'écarta du circuit pendant neuf semaines. Et lorsqu'elle le retrouva, au tournoi de Stanford, elle se hissa en demi-finales, stade de l'épreuve où elle succomba en trois sets face à Kim Clijsters. C'est par la Limbourgeoise que nous terminerons donc ce tour d'horizon qui démontre que toutes les joueuses citées n'ont pas connu une rentrée aussi désastreuse que celle enregistrée, hier, à Paris par Justine Henin. Kim Clijsters, effectivement, n'a plus joué sur le circuit depuis son abandon au tournoi d'Indian Wells à la mi-mars, mais elle a quand même regoûté brièvement à la compétition par le biais de la Fed Cup où, à la mi-avril, elle remporta ses deux simples face à ses adversaires croates.

Philippe Lacourt

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