Goffin déjà sorti à l'Australian Open: et maintenant?

Le Liégeois, en manque de sensations, va tâcher de repartir sur de bonnes bases en Belgique. Entretien.

Serge Fayat, envoyé spécial à Melbourne
Goffin déjà sorti à l'Australian Open: et maintenant?
©Belga

Le Liégeois, en manque de sensations, va tâcher de repartir sur de bonnes bases en Belgique.

"Je ne suis même pas déçu…" Tels furent les mots de David Goffin, une heure après sa défaite contre Baghdatis. Pourtant son élimination est une déception. Une surprise au point que dans la salle d’interview du complexe, un journaliste australien et un autre américain avaient pris place pour recueillir ses impressions.

David, quel est votre sentiment après cette défaite ?

"C’était un match difficile. Il est très bien rentré dans la partie en servant remarquablement bien. J’ai fait ce que j’ai pu. Je me suis accroché. J’aurais pu être mieux payé au deuxième set. À un set partout, l’histoire aurait pu être différente. J’ai essayé d’être plus agressif sur une surface très rapide, mais dans le quatrième set, il a été très solide. Ce n’était pas évident. Depuis le début, je n’ai pas de bonnes sensations…"

Quand vous êtes rentré au vestiaire et que vous avez déposé votre sac, vous vous êtes dit quoi ?

"Que j’avais fait avec les moyens du bord. On n’est pas des surhommes… À Chennai, cela s’est plutôt bien passé. Les sensations étaient moins bonnes ici en Australie. Les balles changent par exemple en fonction de la chaleur. Elles deviennent plus petites. Il faut constamment s’adapter. Mais bon, j’espère que la suite sera meilleure…"

L’Australie reste un endroit difficile à dompter pour vous…

"C’est un Grand Chelem qui arrive très tôt dans la saison. Ce n’est pas facile de venir jusqu’ici pour nous et de jouer dans des conditions très différentes. C’est un tournoi qui n’est vraiment pas évident à gérer."

Le fait que vous étiez tête de série pour la première fois a-t-il engendré plus de pression ?

"Oui, mais ce n’est pas ça qui a fait que j’ai mal joué. C’est juste que je ne suis pas parvenu à produire mon meilleur tennis. Ce n’est pas grave. Il y a des tournois où on se sent mieux que d’autres. Je suis quelqu’un qui marche au feeling. Quand je sens que je peux mettre la balle où je veux, je suis en confiance. J’ai parlé à Karlovic qui, lui, m’a dit que les courts étaient géniaux ici, qu’il se sentait même mieux qu’à Wimbledon (NdlR : il a lui aussi perdu, contre le jeune Australien Kyrgios) . Comme quoi. Mais bon, il faut continuer à travailler pour y arriver quel que soit l’endroit."

On est néanmoins surpris de cette élimination précoce. Vous nous comprenez ?

"Vous pouvez penser ce que vous voulez. Moi, je ne suis même pas déçu parce que je ne jouais pas bien. Quelque part, il n’y a pas de regrets. J’ai essayé de donner tout ce que j’avais. "

Quelle leçon pouvez-vous tirer de cette expérience pour la suite de l’année 2015 ?

"C’est difficile à dire à peine sorti du terrain. Je vais essayer de m’adapter un peu mieux aux conditions, d’être plus agressif. Ce sera pour l’année prochaine…"

Quel est votre objectif désormais ?

"Je n’en ai pas vraiment. Là, je vais rentrer en Belgique et tâcher de repartir sur de bonnes bases. Je sais qu’il y aura des belles victoires si j’arrive à retrouver mes échéances. Je vais prendre quelques jours de repos puis préparer au mieux les prochaines échéances, Rotterdam, Marseille, Dubaï et la Coupe Davis."

Baghdatis pouvait compter sur le soutien de beaucoup de supporters grecs. Cela vous a-t-il perturbé ?

"Moi, cela ne m’a pas véritablement dérangé, mais lui je pense que cela l’a aidé. Je sais qu’il aime bien être soutenu par les fans qui scandent son nom…"

Qui voyez-vous gagner le tournoi ?

"Djokovic a déjà gagné quatre fois ici. C’est un tournoi qu’il apprécie. Federer m’a l’air en forme aussi. Cela va vite ici et comme il est très offensif… On sait jamais. Il y a Nadal aussi qui rôde dans les parages. Je dirais Djokovic ou Federer."



Même jouer avec Nadal n’a pas aidé !

Si David Goffin n’était pas spécialement déçu de son élimination, son coach, Thierry Van Cleemput, n’était, en revanche, pas content du tout. "David ne nous a pas crédités de bonnes prestations en Australie", nous confia-t-il. "Il faut essayer de comprendre ce manque de sensations et de combativité. On sait qu’en Australie, les conditions sont particulières, mais ce n’est pas une excuse. Cela ne m’intéresse pas les excuses ! Moi, ce que je veux, c’est que quand il y a un problème, on trouve la solution." Le Hennuyer ne l’avait, en tout cas, pas vu venir. "Non, en effet. On a essayé de mettre toutes les chances de notre côté pour bien se préparer. On va en parler et voir ce qu’il faut corriger. Lui a peut-être le sentiment qu’il a tout fait, mais pour moi, il aurait dû montrer autre chose. Il ne faut pas se voiler la face." 

Après son premier tour, Thierry Van Cleemput lui avait d’ailleurs organisé un entraînement avec… Rafael Nadal (ATP 3). Mais cela n’aura pas suffi. "Je voulais le secouer. Pourquoi un gaucher ? Pour l’obliger à jouer fort croisé et à ouvrir le terrain. Il a eu un entraînement extraordinaire. Je me suis dit qu’il était remis en selle. Cela prouve que sa formation n’est pas terminée. Et je pense qu’il faudra attendre ses 26 ans. Là, on va bosser. Et je vais m’amuser plus que quand cela allait bien…"

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