Roland-Garros : "Ça va devenir super difficile", reconnaît Nadal à propos de son pied gauche

"Si on n'est pas capable de trouver une solution, ça va devenir super difficile", a reconnu Rafael Nadal à propos du mal chronique dont il souffre au pied gauche, après sa victoire qui a défié la logique face au N.1 mondial Novak Djokovic en quarts de finale de Roland-Garros mardi soir 6-2, 4-6, 6-2 et 7-6 (7/4) après 4h12 de jeu.

Belga

Vous avez évoqué la possibilité qu'il s'agisse de votre dernier Roland-Garros il y a deux jours. Cela décuple-t-il les émotions que vous ressentez ?

"Oui. Je suis très clair à ce propos. Je suis assez vieux (il fête ses 36 ans vendredi) pour ne pas cacher des choses. Je ne sais pas ce qui peut arriver après ici, j'ai ce que j'ai au pied (gauche, syndrome de Müller-Weiss, nécrose de l'os scaphoïde, ndlr). Si on n'est pas capable de trouver une solution, ça va devenir super difficile pour moi. C'est tout. Je profite juste de chaque jour où j'ai la chance d'être là, sans trop penser à ce qui peut arriver dans le futur. Bien sûr je vais continuer à me battre pour trouver une solution, mais pour le moment, on n'en a pas. Les trois derniers mois et demi n'ont pas été faciles pour moi, c'est la seule chose que je peux dire. A Rome (élimination en huitièmes de finale mi-mai avec une douleur extrême au pied, ndlr), je n'avais pas mon médecin. Avec le médecin ici, vous pouvez faire des choses qui aident. Ce n'est pas le moment de parler de ça, mais je fais tout ce que je peux pour essayer de jouer ce tournoi dans les meilleures conditions possibles. Je ne sais pas ce qui peut arriver après honnêtement."

Êtes-vous surpris du niveau de jeu que vous avez déployé ?

"Je suis surpris, oui, je ne vais pas mentir. Mais ce court est spécial pour moi, il a quelque chose d'unique. Et c'est vrai que le jour où j'en avais le plus besoin, j'ai réussi à jouer à un niveau que je n'avais pas il y a peu. Quand vous savez qu'il n'y a pas d'autre solution que de jouer avec ce niveau d'agressivité, cette intensité, mentale et dans tous les domaines du jeu, quand vous savez qu'il n'y a pas de plan B, que soit tu sors ton meilleur niveau, soit tu rentres à la maison, ça aide en quelque sorte à avoir une exigence envers soi-même qui t'aide à le faire. Après, c'est difficile surtout quand tu viens de mois sans l'avoir fait ni à l'entraînement ni en compétition. Je doutais de savoir si je serai capable d'être au niveau dont j'ai besoin pour avoir vraiment une chance. Ça veut dire beaucoup pour moi d'avoir réussi."

Après un match d'une telle intensité et d'un tel niveau, qui ressemble à une finale, comment allez-vous vous remobiliser pour la suite du tournoi ?

"J'ai un peu d'expérience... Cette soirée a été pleine d'émotions. Mais ce n'était qu'un quart de finale. Je n'ai encore rien gagné, je me suis juste donné la chance de pouvoir revenir dans deux jours, et de jouer une nouvelle demi-finale ici à Roland-Garros (sa 15e en 18 participations), ça veut dire beaucoup pour moi. Si je ne joue pas bien ou si je perds cette demi-finale, ça ne sera pas parce que je ne serai pas concentré. Ça, j'en ai l'habitude. Je ne suis pas le genre de joueur qui a des hauts et des bas émotionnels. Je suis très stable. Maintenant, il est temps de profiter parce que j'ai passé une super soirée, pleine d'émotions. Mais demain, je vais me remettre à penser aux choses que je dois faire pour être prêt pour la demi-finale. L'objectif est de me maintenir au niveau de jeu que j'ai produit aujourd'hui (mardi)".

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