Comment David Goffin est revenu à son meilleur niveau: "C’est la marque d’un grand joueur"

David Goffin vise sa première demi-finale en levée du Grand Chelem. Genèse d’un retour au plus haut niveau pour le numéro 1 belge.

Vigneron Adrien
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Quelle métamorphose, entre le David Goffin du début de saison et l’actuelle copie. Il semble loin le temps où le Liégeois peinait à franchir le premier tour d’un tournoi. Une situation que l’on décrypte en compagnie de deux de ses anciens entraîneurs, Thierry Van Cleemput et Réginald Willems, ainsi que de l’ancien joueur Olivier Rochus qui l’a longuement côtoyé en équipe nationale.

Un vrai bosseur

Pendant que certains utilisaient toute leur énergie à décrier ses prestations voire carrément à l'annoncer "fini", notamment sur les réseaux sociaux où il en a pris plein la poire, le Liégeois a continué à travailler. En toute discrétion. Goffin, et tout le monde s'accorde à le dire, est un vrai bosseur. "J'ai toujours cru en David et en Germain (NdlR : Gigounon, son coach), entame Thierry Van Cleemput. C'est quelqu'un qui aime beaucoup travailler, ça n'a jamais été son problème. C'est plutôt la confiance qui lui a fait défaut. Il est désormais sorti de sa période difficile où le manque de rythme, et de matchs s'est fait ressentir. Il a retrouvé la grinta. Il veut se battre et il est en train de réussir un super challenge."

Entraîneur de Goffin d'avril 2014 à janvier 2019, Thierry Van Cleemput connaît évidemment très bien le Liégeois. "J'ai toujours espéré son retour au plus haut niveau et je sais qu'il en était capable. Ce retour, c'est la marque d'un grand joueur. Les gens ont été durs avec lui, la Belgique est un peu trop une nation de supporters de la victoire."

Enfin débarrassé de ses pépins physiques

Être à 100 % dans sa tête et… dans son corps, c'est capital pour enchaîner les rencontres à haut niveau. Goffin a longtemps traîné une blessure au genou. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'il avait mis fin à sa saison 2021 dès septembre. Cet arrêt prématuré lui aura permis de retrouver la pleine possession de ses moyens. Fini les straps, le numéro 1 belge est débarrassé de ses pépins physiques. Et ce, même s'il a encore eu des soucis avec son dos, à Rome, puis à la hanche, lors de Roland-Garros. "David est un joueur qui a eu très peu de blessures dans sa carrière, et la plupart étaient d'origine plutôt accidentelle comme la balle dans l'œil (NdlR : en demi-finale à Rotterdam en 2019) ou sa cheville qui se prend dans la bâche à Roland-Garros (NdlR : en 2017). Il n'a jamais été confronté à des blessures plus ennuyantes comme des tendinites à répétition, par exemple. Ici, sa blessure au genou l'a pas mal handicapé. Quand on joue moins, qu'on se retire de certains tournois, que le Covid fait son apparition, on peut vite perdre confiance", analyse Réginald Willems, son entraîneur de 2011 à 2014.

Il a retrouvé la confiance

Si ses capacités mentales ont souvent été mises en doute, force est de constater que dans le clan Goffin, son coach Germain Gigounon en tête, on y a toujours cru. Nos trois spécialistes s'accordent tous d'ailleurs sur une chose : il n'a jamais perdu ses qualités tennistiques. Seuls le rythme et la confiance faisaient défaut. Deux éléments aujourd'hui retrouvés. "À Roland-Garros, j'ai pu voir qu'il avait retrouvé un bon état d'esprit, son sourire et l'envie de se battre. Quand il est bien dans sa tête, on sait que c'est l'un des meilleurs joueurs du monde, note Olivier Rochus. Il a retrouvé l'envie après ses blessures et sans doute une certaine lassitude morale. C'est ça le tennis, ça peut aller vite, dans un sens comme dans l'autre."

Le travail effectué avec son coach mental, Ugo Blairon, n'est sans doute pas étranger à son retour. "David travaille avec un nouveau coach. Je pense que cela l'a aidé à positiver, à moins intérioriser tout le négatif. Ils effectuent un gros travail sur la manière de se comporter sur le terrain. David est passé par des périodes de doute et il fallait le convaincre qu'il pouvait encore y arriver", avait déclaré Gigounon durant le dernier Roland-Garros.

Son titre à Marrakech, un déclic

Goffin n’a jamais caché sa passion pour l’enchaînement terre battue-gazon. En 2019 déjà, il avait déclaré qu’il s’agit de sa période favorite. Le fait de l’avoir débutée en avril, au Maroc, par un titre au tournoi de Marrakech l’a complètement relancé. Pour certains observateurs, ce fut d’ailleurs le déclic. Ce jour-là, le natif de Rocourt a compris qu’il était encore capable de soulever des trophées.

Un tableau ouvert

Cela n’enlève rien à son niveau de jeu actuel, mais Goffin a pu bénéficier d’un tableau ouvert dans cette édition de Wimbledon, notamment lors des deux premiers tours face au Moldave Albot et à l’Argentin Baez. Son troisième tour face au Français Humbert et surtout son huitième de finale face à l’Américain Tiafoe furent bien plus âprement disputés.

Réginald Willems nuance toutefois : "Ce n'est pas toujours simple de tirer un tableau abordable sur papier. Bien sûr, il vaut mieux éviter Nadal ou Djokovic mais cela met également une dose de pression supplémentaire car vous savez que vous avez des opportunités et que vous ne devez pas vous louper."

À David Goffin de saisir la chance qui lui est offerte.

Comment David Goffin est revenu à son meilleur niveau: "C’est la marque d’un grand joueur"
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