Tennis Kevin Anderson et Pablo Carreno Busta s’affrontent pour une place en finale. Pour le plus grand désespoir du tournoi.

À la limite, si Sam Querrey était passé… Mais non, le dernier joueur américain du tableau a été battu en quarts par le Sud-Africain Kevin Anderson 7-6(5), 6-7(9), 6-3, 7-6(7). Battu sur un court central déserté autant du fait de l’heure tardive que de l’affiche. Mardi à midi pour le quart entre Carreno Busta et Schwartzman, il n’y avait personne.

Alors tous ceux qui nous ont bassiné avec les "Oh mais c’est super, toutes ces surprises dans le tournoi !" ou les "Pas grave s’il n’y a plus de têtes d’affiche en bas de tableau, c’est super pour le spectacle, cette incertitude" viennent de se prendre le mur de la réalité du sport professionnel. Le casting, ça compte. Combien parmi eux vont ainsi jeter un oeil à ce match ?

ESPN, qui retransmet le tournoi aux États-Unis sait bien que c’est une catastrophe, et s’angoisse déjà des audiences. Le tennis souffre déjà suffisamment comme ça aux États-Unis pour se faire une place dans l’audimat, alors comment voulez-vous faire votre trou avec Anderson - Carreno Busta ? Tout simplement impossible. La valeur des deux joueurs n’est évidemment pas remise en cause, surtout pour Anderson qui revient malgré les blessures, mais le tennis est un business autant qu’un sport.

L’organisation du tournoi tout comme l’ATP tentent d’ailleurs de faire comme si le bas de tableau n’existait pas vraiment : le quart de Carreno Busta en début de programme quand personne ne regarde et tous les yeux concentrés sur Rafael Nadal et Roger Federer.

Le rêve se vend haut et tout le monde croise les doigts pour que ça dure.

Du côté des fans, on voit passer en cascade des propositions de revente de billets ou d’échange, certains trouvant sans doute qu’ils ont payé bien cher pour le spectacle qu’on leur propose et qu’ils peuvent sans aucun doute trouver mieux à faire à New York que de venir voir cette demi-finale. Les spectateurs de l’US Open sont de vrais amateurs de tennis mais eux aussi ont leurs limites.