Il a battu Schüttler pour se hisser en finale du Masters de Houston

HOUSTON Il était venu à Houston avec comme principal objectif de se jauger en vue de la saison 2004, qui pourrait constituer sa dernière. Il repartira, peut-être, ce dimanche soir avec le titre surprême de vainqueur du Masters.

Treize ans après son premier sacre, Andre Agassi s'est hissé pour la 4e fois de sa carrière en finale la grand-messe de la fin d'année. Sur la surface en ciment du West Side Tennis Club de Houston, l'Américain a battu en trois sets le surprenant Rainer Schüttler, 5-7, 6-0 et 6-4 à sa deuxième balle de match.

C'est, quelque part, un petit conte de fées que vit cette semaine au Texas le Kid de Las Vegas. Lauréat de quatre tournois, dont l'Australian Open et Miami, il n'avait plus disputé la moindre épreuve du circuit depuis sa défaite en demi-finale de l'US Open, début septembre contre Juan Carlos Ferrero. Papa pour la deuxième fois, d'une petite fille Jazz, il avait pris le temps de ménager un organisme soumis à rude épreuve pour tenir la dragée haute à la jeune génération. C'est qu'à 33 ans et six mois, Andre Agassi est toujours là au plus haut niveau. Il défie carrément le temps. Battu de justesse par Roger Federer lors de son entrée en lice, il avait dû puiser au plus profond de ses réserves pour mériter sa place dans le dernier carré au détriment de Juan Carlos Ferrero et de David Nalbandian.

Et hier, c'est encore lui qui a eu le dernier mot, réussissant à imposer sa cadence à cet Allemand au moral d'acier et à la condition physique de fer, révélation de la saison avec sa finale à l'Australian Open et vainqueur d'Andy Roddick, jeudi.

L'autre demi-finale, elle, présentait carrément des allures de finale avant la lettre. Elle opposait deux des meilleurs produits d'exportation de la nouvelle génération masculine, à savoir Andy Roddick, lauréat de l'US Open et nouveau numéro un mondial, à Roger Federer, vainqueur de Wimbledon. La vie, d'ailleurs, n'en est pas devenue plus facile pour la nouvelle coqueluche de l'Amérique. Après avoir subi la loi de Rainer Schüttler, jeudi, A Rod a dû fameusement puiser dans ses réserves, le lendemain, pour assurer sa place au détriment de Guillermo Coria, spécialiste de la terre battue, ne s'imposant que 6-3, 6-7 et 6-3.

«J'étais venu ici au Masters pour tenter de terminer l'année en tant que numéro un. J'y suis parvenu et c'est formidable », confia-t-il, visiblement sur le rotules après une saison éreintante qui l'a vu remporter six tournois et disputer deux autres finales. «Tout ce qui se produira maintenant s'assimilera à du bonus. Cette demi-finale contre Roger Federer ne sera pas une partie de plaisir. Il a pratiqué le meilleur tennis jusqu'à présent, alors que moi, j'ai déjà bénéficié d'une belle dose de réussite.»

De la chance, il savait qu'il lui en faudrait sans doute encore, vu qu'en cinq confrontations, il a tout juste battu le Suisse une seule fois...

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