Andre Agassi, l'inoxydable

Tennis

Serge Fayat

Publié le - Mis à jour le

Andre Agassi, l'inoxydable
© EPA
Il affrontera l'étonnant Schüttler en demi-finale du Masters de Houston

HOUSTON Andre Agassi ne cesse d'épater. A 33 ans et demi, l'Américain apparaît, tout simplement, inoxydable. Alors qu'à cet âge, la majorité de ses collègues a déjà définitivement rangé ses raquettes au placard, le Kid de Las Vegas continue de briller au firmament du tennis masculin mondial. Il en a fourni une nouvelle preuve, jeudi soir, à Houston, en se qualifiant, après deux mois d'absence, pour les demi-finales du Masters au terme d'une victoire contre David Nalbandian 7-6 (12/10), 3-6, 6-4.

«C'est une sensation fabuleuse, expliqua-t-il, le sourire aux lèvres. J'ai battu un excellent joueur dans un tout gros match. Je suis également parvenu à me remettre en selle après des débuts difficiles. C'est vraiment ce que je cherchais en venant ici. Parvenir à me situer par rapport à la concurrence et être compétitif. Les conditions de jeu n'étaient pas faciles. Il faisait froid et le vent soufflait dans tous les sens. Cette victoire est très satisfaisante et m'apportera la confiance nécessaire en vue de la saison prochaine.»

Vainqueur de l'épreuve en... 1990 et finaliste à deux reprises en 1999 et en 2000, Andre Agassi est le deuxième joueur le plus âgé de l'histoire à atteindre le dernier carré de la grand-messe de fin de saison. Arthur Ashe avait, pour sa part, 35 ans et 6 mois lorsqu'il disputa la finale de l'édition 1976 à New York contre John McEnroe. Le secret de sa réussite actuelle tient, paraît-il, en un mot: le travail.

«Je me lève tous les jours à 3h du matin pour donner le biberon, glis- sa-t-il avec humour lors de sa victoire à l'Australian Open en janvier. Plus sérieusement, en cherchant à d'emblée dicter le jeu, j'essaye toujours de faire en sorte que l'adversaire doive suer plus que moi sur le court.»

Et sa motivation, l'Américain la puise chez une femme, son épouse Steffi Graf, après l'avoir fait, il y a cinq ans, auprès de la fille de Gil Reyes, dont le combat pour se remettre d'une fracture du cou consécutive à un accident de snowboard l'inspira à revenir au sommet après être retombé au 141e rang mondial. Il aura bien besoin, en tout cas, d'être frais et fort dans sa tête, ce samedi, au moment d'affronter le surprenant Rainer Schüttler pour une place en finale. L'Allemand, qu'il a battu en finale à Melbourne, a créé une petite surprise en dominant, certes pour la troisième fois déjà, le nouveau numéro un Andy Roddick 4-6, 7-6 (7/4) et 7-6 (7/3) pour remporter son groupe rouge.

Ayant opté pour le tennis assez tard, à l'âge de 17 ans, après avoir longtemps cherché son bonheur dans le football, Rainer Schüttler est loin d'être le joueur le plus doué du circuit. Catalogué comme attaquant du fond du court, il pourrait, en réalité, même être affublé de l'étiquette, assez péjorative, d'ouvrier... qualifié du tennis. Il n'empêche, doté d'un physique de fer et d'un moral d'acier, l'Allemand oblige virtuellement ses adversaires à tuer père et mère pour lui arracher un point. Andre Agassi risque d'être parti pour un long après-midi...

Andy Roddick, assuré de terminer la saison N.1 mondial, malmené par l'Argentin Guillermo Coria, est cependant parvenu à se qualifier vendredi soir pour les demi-finales. Il s'est finalement imposé 6-3, 6-7 (4/7), 6-3 face à l'Argentin pour obtenir le droit de rencontrer le Suisse Roger Federer.

© Les Sports 2003

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