Andy Roddick, un sacré numéro

Tennis

Serge Fayat

Publié le

Andy Roddick, un sacré numéro
© EPA
Le jeune Américain aux allures d'enfant hyperkinétique terminera l'année n°1

HOUSTON Andre Agassi peut partir rejoindre Pete Sampras à la retraite, s'il le souhaite. L'héritage du tennis masculin américain est en de bonnes mains... En battant Juan Carlos Ferrero 2-6, 6-3 et 6-4, mercredi soir, dans son deuxième match de poule du Masters de Houston, l'Américain a assuré son jeune compatriote Andy Roddick de terminer la saison 2003 à la première place mondiale.

«Je suis heureux d'avoir pu contribuer à son ascension, se félicita-t-il. C'est un magnifique succès, en particulier de la façon dont il y est parvenu, grâce à sa fin de saison.»

Originaire d'Omaha, une petite ville du Nebraska où on ne s'arrête, paraît-il, que pour faire pipi, Andy Roddick est devenu, à 21 ans et des poussières, le treizième joueur de l'histoire et le deuxième plus jeune, après Lleyton Hewitt, à réaliser pareille gageure. Il succède ainsi à ses illustres compatriotes Jimmy Connors, John McEnroe, Jim Courier, Pete Sampras et Andre Agassi.

Il incarne tout ce que l'Amérique adore

«Je suis incroyablement honoré de terminer l'année à cette place, commenta-t-il, mais je suis certainement encore plus fier d'être le sixième Américain à y être parvenu. Il est difficile d'exprimer ce qui s'est passé cette année, mais je suis incroyablement chanceux de pouvoir vivre ce moment aux Etats-Unis. Etre en mesure de partager tout cela avec ma famille et mes amis est encore mieux que ce que j'avais imaginé.»

Cette consécration, cela dit, le jeune Américain la doit avant tout à lui-même et à la remarquable constance dont il a fait preuve depuis l'été. Révélé en 2000, par deux triomphes chez les juniors, à l'Australian Open et à l'US Open, il a gravi les échelons le menant au faîte de la hiérarchie au gré de frappes de bûcheron dévastatrices, faisant plier les raquettes de ses rivaux. Pris en main par Brad Gilbert après un échec à Roland-Garros, il a aligné les victoires en même temps que les aces, remportant un total de six tournois dont sa première levée du Grand Chelem à Flushing Meadow en septembre.

Surnommé A Rod en raison du rapprochement de ses initiales avec celles du joueur de base-ball vedette des Texas Rangers Alex Rodriguez, Andy Roddick incarne tout ce que l'Amérique adore. Son physique de playboy, ses allures d'enfant hyperkinétique, son sens de l'exubérance et du spectacle, ses premiers services frappés à 220 km/h, son mental de serial killer, ses coups de colère incontrôlables et son idylle avec l'actrice et chanteuse Mandy Moore en ont fait la nouvelle coqueluche du public américain tout en contribuant au regain d'intérêt d'un tennis masculin en quête de fortes personnalités. Le nouvel enfant terrible sera d'ailleurs bientôt au centre d'une émission de téléréalité intitulée The Tour, qui le suivra dans la vie de tous les jours de mai à septembre prochains.

«J'estime que je mérite plus toute cette attention qui entoure ma personne aujourd'hui, disait-il déjà lors de l'US Open. Les années précédentes, les gens, surtout les Américains, espéraient que j'éclate, et peut-être que leurs attentes étaient un petit peu trop élevées. Cette saison, je mérite ma place parmi les meilleurs joueurs de la planète.»

Il est, pour l'instant, au sommet. Et il faudra avoir les reins solides pour venir l'en déloger...

Surpris par Schuettler

L’Américain Andre Agassi (N.5), ne donnant aucun signe d’usure à 33 ans, s’est qualifié pour les demi-finales du Masters de tennis en battant au forceps l’Argentin David Nalbandian (N.8) en trois manches 7-6 (12/10, 3-6, 6-4 jeudi soir à Houston (Texas).

Le doyen des participants au tournoi de clôture de la saison ATP, doté de 3,7 millions de dollars (3,2 millions d’euros), affrontera en demi-finale l’Allemand Rainer Shuettler (N.6), vainqueur plus tôt dans la journée du numéro un mondial l’Américain Andy Roddick 4-6, 7-6 (7/4), 7-6 (7/3).

Avec deux victoires et une défaite, le premier jour face au Suisse Roger Federer (N.3) et trois matchs en trois manches, Agassi a montré, reprenant la compétition à Houston après un arrêt de deux mois, que les années n’avaient pas encore de prise sur lui. Ayant perdu un break d’avance, l’Américain remportait finalement la première manche dans un jeu décisif de 22 points, après avoir sauvé quatre balles de set. Agassi a du toutefois attendre la quatrième en sa faveur pour s’imposer sur un double faute de son adversaire, profitant de la nervosité de son adversaire agacé par deux décisions litigieuses de l’arbitre sur des balles décisives.

Alternant l’exceptionnel (51 coups gagnants) et le moins bon (50 fautes directes), Nalbandian faisait le break d'entrée dans la seconde manche qu’il remportait 6-3. L’Américain reprenait le dessus dans la dernière manche faisant le break pour mener 3-1, servant pour le match à 5-3 mais commettait quatre erreurs grossières, dont son unique double-faute, pour se retrouver ensuite à 40-15, service de l’Argentin, avec deux balles d’égalisation contre lui.

Agassi remportait toutefois les quatre points suivants, concluant d’une volée gagnante de coup droit, pour se hisser dans le dernier carré et une rencontre contre Shuettler qui constituera une revanche de la finale de l’Open d’Australie perdue par l’Américain.




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