Elle a battu Serena Williams pour se hisser en finale à Rome

ROME Jennifer Capriati (WTA 9) n'est pas finie. L'Américaine, 28 ans, est même carrément de retour au premier plan. Samedi, elle s'est ainsi qualifiée pour la première fois de sa carrière pour la finale du tournoi sur terre battue de Rome après une victoire en deux sets, 6-4, 6-4, sur Serena Williams (WTA 7) en personne.

«Je ne me suis plus aussi bien sentie depuis deux ans, lança-t-elle, le sourire aux lèvres, pas peu fière de son exploit. J'ai vraiment faim de tennis. J'ai beaucoup travaillé mon déplacement sur le court et je crois que cela se voit. J'avais déjà bien joué la semaine dernière à Berlin et ce tournoi-ci en est la confirmation.»

Jennifer Capriati, qui fut numéro un à l'automne 2001 dans la foulée de ses triomphes à Melbourne et à Roland-Garros, a, certes, joué avec le feu contre sa compatriote. Après avoir empoché le premier set 6-4 et pris le large 5-1 dans le deuxième, la New-Yorkaise a connu un terrible passage à vide qui aurait très bien pu lui coûter très cher. Frappant une double faute sur sa première balle de match à 5-2, elle vit Serena Williams revenir en trombe jusqu'à 5-4 et dut même sauver deux balles de 5-5 avant de finir par l'emporter.

Heinz Gunthardt

«Je pense qu'il était en quelque sorte déjà trop tard lorsque Serena s'est enfin mise à bien jouer. Mais bon, je ne vais pas m'en plaindre...»

Tracassée, tout l'hiver dernier, par une vilaine blessure au dos qui entraîna une surcharge pondérale d'une vingtaine de kilos, l'Américaine avait commencé à douter d'un éventuel retour sur le circuit. Aujourd'hui, cela dit, elle semble avoir retrouvé un nouveau moral en même temps qu'elle s'est associé les services d'un nouveau coach en la personne du Suisse Heinz Gunthardt, l'ancien entraîneur à succès de Steffi Graf.

«J'ai le sentiment que je reviens petit à petit à mon meilleur niveau. J'ai eu du mal au début, mais là, je suis en train de retrouver mes sensations. Je suis redevenue agressive, j'ose prendre des risques et je bouge bien. C'est de bon augure pour Roland-Garros. Mon problème au dos ne disparaîtra sans doute jamais, vu qu'il est lié à une dégénérescence, mais je peux le limiter par des exercices appropriés et des injections de cortisone.»

En finale, ce dimanche, Jennifer Capriati retrouvera Amélie Mauresmo (WTA 3), qui lui avait justement barré la route à Berlin, en lui infligeant une cuisante défaite, 6-2, 6-0, samedi passé en demi-finale. Le lendemain, en raison du forfait de Venus Williams (WTA 8), blessée à une cheville, la Française avait remporté le tournoi, une joie qu'elle n'a pas encore connue à Rome en dépit de trois finales disputées en 2000, en 2001 et en 2003.

«J'espère que cette quatrième fois sera la bonne », a-t-elle commenté dans la foulée de sa victoire 6-2, 6-3 contre la jeune Russe de 19 ans, Vera Zvonareva (WTA 14). «Je suis très satisfaite de la manière dont j'ai joué, j'ai gardé constamment le contrôle des échanges. J'étais très concentrée aujourd'hui, car c'est une combattante et elle ne lâche jamais rien.»

Elle devra l'être également ce dimanche, car sûr que Jennifer Capriati ne lâchera rien non plus...

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