L'entraîneur d'Henin croit aussi qu'il s'agit d'une étape dans la carrière de Justine

PARIS À l'instar de son élève, Carlos Rodriguez était très heureux. «Justine a fait le match qu'il fallait. Kim, c'est vrai, n'a pas joué à son meilleur niveau durant le premier set. Mais, ensuite, elle s'est bien reprise. Personnellement, je n'ai jamais réellement douté. Même à 4-4. J'ai dit à Pierre-Yves, qui était à côté de moi, de ne pas s'inquiéter. Je sentais qu'elle avait le match sous contrôle...»

Carlos Rodriguez sait combien cette victoire était importante pour Justine. «Roland-Garros est un tournoi très particulier pour elle. Elle m'avait montré l'endroit où elle était assise, avec sa maman, lorsqu'elle est venue pour la première fois, en 1992, voir la finale entre Steffi Graf et Monica Seles. Elle voulait absolument gagner ce tournoi. Elle l'a fait et c'est formidable...»

Jusqu'où Justine peut-elle désormais aller? «Elle aime bien se fixer des objectifs et, en général, elle les atteint! Je sais qu'elle veut devenir, un jour, numéro un mondial. Elle a les moyens d'y arriver mais ce ne doit pas être une obsession...»

Le coach belgo-argentin est conscient des énormes progrès qu'a accomplis son élève ces derniers mois. «Elle a travaillé très dur pour arriver où elle est. Ella a tiré les éléments positifs de tous ses matches, victoires comme défaites. Elle a accompli un boulot physique phénoménal. Elle est récompensée de tous ces efforts. Et je suis sûre qu'elle possède encore un beau potentiel de progression. Ce succès à Roland-Garros va lui donner encore plus de sérénité pour la suite de sa carrière et, chez elle, tout se passe d'abord dans la tête...»

Pierre-Yves, un mari comblé

Pierre-Yves Hardenne était, lui aussi, très entouré après le match. En manager consciencieux et en mari attentif, il répondait aux questions des télévisions. «Je suis passé par toutes les émotions durant la rencontre. L'optimisme, d'abord, l'inquiétude ensuite, la délivrance enfin...»

Sitôt le match terminé, Pierre-Yves a cherché à descendre sur le court alors que Justine voulait le rejoindre dans la tribune. «On a dû se croiser dans les escaliers. Durant quelques secondes, on était un peu perdus. Avant de se retrouver et de tomber dans les bras l'un de l'autre. Elle m'a dit qu'elle m'aimait. Je lui ai dit: «Moi aussi!» »

Hier soir, après les différentes obligations protocolaires, les deux tourtereaux allaient s'offrir une petite soirée de fête avec Carlos et sa famille..

© Les Sports 2003