Englué dans les tournois Challenger, Christophe Rochus se lance un ultime défi

MONS Il se donne encore un an avant de tirer ses conclusions. Englué depuis plusieurs mois dans les tournois Challenger, Christophe Rochus (ATP 161) vient de se lancer un ultime défi dans l'espoir de sauver sa carrière. L'Auvelaisien, bientôt 29 ans, a rejoint il y a peu l'AFT, à Mons, où il espère trouver les clés pour remonter la pente et se refaire une petite place au soleil sur le circuit.

"J'ai considéré que c'était le seul moyen de me donner une chance, explique-t-il. J'ai voyagé seul quelque temps lorsque j'ai réalisé que la structure de Vincent Stavaux battait de l'aile mais ce n'était pas la solution. À Mons, j'ai tout l'encadrement nécessaire. Je m'entraîne avec Steve Darcis sous l'oeil de Réginald Willems et d'Ananda Vandendooren. J'ai également des kinés et des préparateurs physiques à ma disposition. Dans ma situation, il n'y a pas mieux..."

Revélé par une accession en huitième de finale à l'Australian Open en 2000, Christophe Rochus a disputé les plus grands tournois et connu les plus beaux endroits du monde durant la majeure partie de sa carrière. Finaliste à Valence en 2003 et à Rotterdam en 2006, l'aîné de la famille atteignit même encore le 38e rang mondial, son meilleur classement ATP, il y a un an et demi. Aujourd'hui, toutefois, c'est une véritable galère qu'il vit...

"Je m'attendais à rétrograder. C'est le lot de chaque sportif à un moment donné. Je m'imaginais néanmoins que cela se ferait par palier. Ce n'est pas évident à vivre, d'autant que je n'ai pas l'impression de mal jouer. Dans certains tournois Challengers, tout est pourri. J'ai été à Bytom en Pologne et à Todi en Italie, par exemple. J'ai dû prendre deux avions, un train et un bus pour jouer sur des terrains dégueulasses avec des arbitres qui ne voient pas les balles. Cela donne parfois envie de se suicider. Heureusement, je suis encore allé à Indian Wells et à Miami, je me suis qualifié pour Roland-Garros et j'ai passé un tour à Kitzbühel. Cela m'a mis du baume au coeur."

"C'est comme si on m'avaitjeté un mauvais sort"

Éliminé la semaine dernière par Steve Darcis, justement, au premier tour de l'Ethias Trophy à Mons, et restant sur trois défaites consécutives, Christophe Rochus assure être prêt à se battre pour se relancer. Même s'il n'en a pas toujours donné l'impression sur un court, il clame être motivé. La semaine prochaine, il se rendra à Andrézieux, en France, et son prochain objectif est une qualification pour le tableau final de l'Australian Open, en janvier.

"J'ai encore envie de disputer des levées du Grand Chelem et des tournois de l'ATP Tour. Si c'est pour faire premier ou deuxième tour dans des 25.000 dollars, cela ne m'intéresse pas. Quand on a été bon et que l'on se met à perdre contre des adversaires qui sont 200e, cela fait mal. Il est clair que le niveau global du tennis masculin a augmenté mais je trouve que moi aussi je joue mieux qu'avant. Et pourtant, je ne réussis pas à gagner de matches. Je ne comprends pas. C'est comme si on m'avait jeté un mauvais sort. Je vais, cependant, persévérer. Et si dans un an, rien n'a changé, j'en concluerai que je suis dépassé..."



© La Dernière Heure 2007