"Je trouve qu'ici à Strasbourg il y a trop de public. Je pense que les joueuses ne sont pas à l'aise avec ça. Le fait qu'il y ait du public dans les tribunes n'est pas forcément néfaste mais ces gens-là se retrouvent dans les allées avec nous (...), demandent beaucoup de photos et d'autographes à toutes les joueuses et c'est dur de refuser. Je suis contente qu'il y ait du public mais je pense que ça pourrait être mieux séparé", a expliqué à l'AFP la Niçoise, qui entrera en lice dans l'épreuve alsacienne lundi.

"C'est complètement paradoxal car nous on nous enferme dans un hôtel, on nous empêche de sortir, on prend tout le protocole hyper à la lettre, et à côté de ça on va côtoyer des gens qui sont là en masse et qui ne respectent pas du tout la distanciation sociale (...) donc il y a quelque chose qui cloche", a ajouté la Française, victorieuse à Strasbourg en 2013.

"Il aurait fallu un peu plus faire une séparation, mais je peux comprendre que ce n'est pas évident à gérer. On est tous parfois un peu dépassé par ce Covid et ce que je souhaite, c'est qu'à Roland-Garros, ce soit mieux fait car il y aura plus de public, plus de joueurs donc plus de risques. Il faudra mettre toutes les précautions en place", a-t-elle conclu.

Cette année, le tournoi alsacien, débuté dimanche et qui s'achèvera samedi, accueille au maximum 2.200 personnes simultanément sur son site de dix hectares, contre 5.000 habituellement.

Interrogé par l'AFP, le directeur de l'épreuve, Denis Naegelen, a fait état d'une situation assez différente de celle exposée par d'Alizé Cornet.

"Il n'y a pas de bulle chez nous. La WTA a demandé à chaque joueuse d'avoir un comportement responsable, de rester dans les espaces protégés qui sont attribués aux joueuses. Quelqu'un du public ou de l'organisation ne peut pas être en contact direct avec les joueuses. On a mis en place un protocole sanitaire de 66 pages qui a été écrit après des dizaines d'heures de réunion avec l'Agence régionale de santé, la Fédération française de tennis et les services de sécurité de la WTA", a-t-il fait valoir.

"Il y a une signalétique, des circuits à sens unique: tout est fait pour que les joueuses ne rencontrent pas le public, ni même les journalistes. Le public ne peut pas approcher les joueuses. On a doublé la sécurité, triplé le nettoyage pour que toutes les pièces soient aseptisées toutes les heures, tout comme les courts et les sièges", a poursuivi M. Naegelen.

Le tournoi de Strasbourg est la dernière épreuve de préparation avant Roland-Garros (27 septembre-11 octobre), qui débutera dimanche à Paris avec une jauge drastiquement réduite, à 5.000 personnes maximum, en raison de la situation sanitaire.