L'adversaire de Malisse espère retrouver ses sensations de 2002
PARIS Il participe cette année à son onzième Roland-Garros. Et son bilan est impressionnant: une victoire (en 2002 face à Ferrero), une demi-finale (en 2003 face à ce même Ferrero) et deux quarts de finale (en 1995 et 2000). Pas besoin d'un dessin: Albert Costa adore la terre battue parisienne. Et celle-ci le lui rend bien. «C'est un tournoi très spécial pour moi, le plus important de l'année. En plus, le fait d'avoir déjà gagné ici me confère un petit avantage psychologique à l'intérieur de moi-même...»

Agé de 28 ans, Albert Costa est l'un des joueurs les plus appréciés du circuit. Souriant, détendu, affable. Sur le court, l'homme tranquille se transforme pourtant en véritable requin. Pardon, en crocodile. Même s'il a fait évoluer son jeu vers l'offensive ces dernières années, atteignant même la demi-finale du Masters Serie de Miami en 2003 sur dur, le Catalan reste un pur spécialiste de la terre battue. Le genre à ne pas lâcher un point, à pouvoir jouer cinq heures sous un soleil de plomb, à user ses semelles jusqu'à l'os de de son pied!

L'an passé, pour se hisser en demi, il avait eu besoin de quatre matches en cinq sets et avait remonté, à force d'obstination, des situations impossibles face à Roitman, Stepanek, Lapentti ou Robredo. Dans le genre forçat de la terre, on ne fait pas mieux!

Voilà Xavier Malisse prévenu! «J'ai beaucoup d'estime pour ce joueur belge. Il est plein de talent et en grande forme. En plus, il est bien plus agressif que Christophe Rochus que j'ai affronté au tour précédent...» dit, prudent, le joueur espagnol.

Cette saison, Costa n'a remporté aucun tournoi. Sa meilleure performance fut sa demi-finale à Rome perdue face à Nalbandian après avoir battu Roger Federer. «Mais j'ai le sentiment que je m'améliore tous les jours...»

De son propre aveu, le natif de Lerida a traversé une période de doute en début d'année. «Je crois que c'était une question de motivation. Voilà douze ans que je suis sur le circuit. Il y a forcément des périodes où l'on se pose des questions. Au tournoi de Barcelone, par exemple, devant mon public, j'étais amorphe, sans ambition. Que je gagne ou que je perde n'avait aucune importance à mes yeux. C'était très bizarre comme sensation. Et vraiment pas normal. A Rome, je me suis convaincu qu'il fallait que je me motive. Que je reprenne du plaisir sur le court comme en 2002 lorsque j'avais gagné à Roland-Garros. J'étais relax, libéré, sans pression...»

Avec l'aide d'une psychologue, l'Espagnol est en passe de relever le pari. Il a retrouvé le plaisir du jeu et, surtout, l'envie de gagner. «Mais il me reste encore du travail à accomplir pour être à mon meilleur niveau...» conclut-il.

C'est de cet écart dont Malisse devra évidemment esssayer de profiter aujourd'hui.

© Les Sports 2004