Même s’il n’a remporté aucun titre en 2017, David Goffin a signé une saison très régulière et se positionne désormais aux portes du Top 10 mondial. Retour sur un millésime de qualité.

Les frustrations du Grand Chelem

Il est évident que pour gravir une nouvelle marche, David Goffin se doit de mieux performer lors des tournois du Grand Chelem. Certes, il a signé, cette année, la meilleure performance de sa carrière dans un Majeur en atteignant les quarts de finale des Internationaux de France à Roland-Garros (défaite face à l’Allemand Dominic Thiem). Le Liégeois s’est, par ailleurs, hissé en huitièmes de finale à l’Open d’Australie (face à Roger Federer) et à Wimbledon (face à Milos Raonic).

Mais il est évident que pour asseoir sa place dans le Top 10 mondial, il devra, à l’avenir, réussir de meilleurs résultats dans les quatre tournois du Grand Chelem. C’est indispensable. Cela passe probablement par une meilleure gestion de l’événement et, surtout, une capacité à élever encore davantage son niveau de jeu dans les moments importants.

On constate que, même s’il a déjà battu des membres habituels du Top 10 mondial (Raonic, Berdych, Wawrinka, Tsonga, Cilic…), David éprouve des difficultés à dicter sa loi face aux ténors, surtout dans les épreuves se jouant au meilleur des cinq sets.

Pas de titre cette année !

Bizarrement, David Goffin n’a remporté aucun tournoi ATP cette année. Souvent placé, jamais gagnant, le Liégeois présente pourtant un très beau bulletin avec 49 victoires et 25 défaites durant la saison. Finaliste à Tokyo, où il a été battu par l’Australien Nick Kyrgios, le Liégeois a également atteint les demi-finales lors des Masters 1.000 d’Indian Wells (défaite face à Milos Raonic) et de Miami (revers contre Novak Djokovic).

Il est intéressant de remarquer qu’il a signé de bons résultats sur toutes les surfaces, de la terre battue (quarts de finale à Munich, à Rome et à Roland-Garros) au gazon (quarts de finale à Halle et huitièmes à Wimbledon) en passant par le dur, en indoor comme en extérieur. Voilà qui prouve la régularité et l’éclectisme du joueur, des atouts essentiels dans le tennis moderne.

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© Photonews

Ambassadeur Piaget et résident monégasque

En sa qualité de membre de l’élite du tennis mondial, David Goffin se devait de sortir de sa traditionnelle réserve. Plutôt introverti, le Liégeois préfère traditionnellement l’ombre à la lumière. En cette année 2017, il a davantage fréquenté les feux de la rampe. Élevé au rang d’ambassadeur de la prestigieuse marque horlogère Piaget, il a même improvisé un discours en anglais lors de soirée de gala organisée à New York à l’occasion de la présentation d’un nouveau modèle. Et, dans la foulée, il a posé, en version glamour, devant les tours de Manhattan au bras de sa jolie fiancée Stéphanie pour le photographe de Paris Match.

Au fil des ans, David a pris confiance. À la ville comme à la scène, il assume de mieux en mieux son statut de star. Il est d’ailleurs devenu, l’été dernier, résident monégasque. Pour des raisons fiscales, sans doute. Mais aussi pour bénéficier de condition d’entraînement idéale au Country Club, pour la tranquillité et pour le climat.

Le bastion de l’équipe belge de Coupe Davis

Depuis le début de sa carrière, David Goffin est exact à quasiment tous les rendez-vous de l’équipe belge de Coupe Davis. Nul n’a oublié la fabuleuse campagne de 2015 où la formation du capitaine Johan Van Herck avait atteint la finale de l’épreuve après avoir éliminé la Suisse, le Canada et l’Argentine. Il avait finalement fallu un énorme Andy Murray pour empêcher la petite Belgique de soulever le légendaire Saladier d’Argent à Gand.

Cette année, l’aventure n’a pas été aussi belle. Battus lors du premier tour du Groupe Mondial par la Croatie de Marin Cilic, Goffin et ses camarades ont conservé leur place dans le haut de l’affiche grâce à un net succès face au Brésil lors des barrages. Malgré un agenda surchargé, le Liégeois s’efforce de répondre toujours présent à l’appel de la Coupe Davis. C’est pour lui un honneur de défendre les couleurs de son pays. Et il apprécie énormément de se retrouver dans une ambiance de team spirit avec ses potes Darcis et Bemelmans.

Dès le mois de février, à l’occasion du premier tour de l’édition 2017, la Belgique affrontera l’Allemagne à Francfort. S’il n’est pas blessé ou trop fatigué après l’Open d’Australie, Goffin a déjà confirmé sa présence. L’ADN du made in Belgium coule dans ses veines !

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© BELGA

La double roue de bicyclette face à Berdych, son meilleur match

C’est peut-être le match le plus abouti qu’il ait joué durant sa carrière. En mai dernier, sur la terre battue du tournoi de Rome, en huitièmes de finale, Goffin a humilié Tomas Berdych avec un double 6-0, scellé devant notaire en 48 minutes. En état de grâce, l’élève de Thierry Van Cleemput a survolé les débats de toute sa classe, déboussolant complètement son rival tchèque qui n’avait jamais subi une telle correction depuis ses débuts professionnels. 

Ce match référence prouve qu’au meilleur de sa forme, Goffin a bien tous les atouts pour défier les meilleurs du circuit. À l’instar de tant d’autres joueurs, Berdych n’apprécie guère en effet le jeu atypique du n°1 belge qui, sans avoir l’air d’y toucher, est présent sur toutes les balles et parvient, grâce à ses déplacements de félin, à anticiper parfaitement le jeu de ses rivaux.