David Goffin a annoncé ce jeudi qu’il ne travaillerait plus avec le coach suédois Thomas Johansson. Au terme de deux ans de collaboration, marqués par un retour dans le Top 10 et un quart de finale à Wimbledon, le Liégeois a eu besoin de changement. Pour mieux se relancer en 2021 après une fin de saison 2020 compliquée.

Vous avez annoncé la fin de votre collaboration avec Thomas Johansson : quelles raisons vous ont poussé à cette décision ?

On était plutôt en accord tous les deux, même si c’est un peu moi qui ait lancé le débat lors du bilan de fin de saison. On en est arrivé à la même conclusion : au bout de deux ans, j’avais envie d’un peu de changement, et lui sentait aussi que le message ne passait plus aussi bien qu’avant. C’était le moment de redéfinir ma carrière. C’est comme ça que je le sentais : on arrivait doucement au bout de quelque chose. J’ai envie de prendre mon temps maintenant et faire le point pour voir exactement de quoi j’ai envie.

Vous parlez d’un changement nécessaire : il y a quoi derrière ce mot “changement” ?

Au bout de deux ans, il y avait un bilan à faire et puis ces derniers mois ça devenait un peu plus difficile. J’adore voyager avec lui, on s’entend toujours très bien mais quand le message ne passe plus, qu’on n’est plus convaincu à 110%, c’est le début de la fin. Ces derniers mois, son message n’avait plus un impact aussi fort. Il était temps de changer et il l’a ressenti aussi. Il n’était pas surpris.

Vous évoquiez un manque de motivation ces dernières semaines : cette situation avec Johansson a-t-elle joué un rôle ? Attendez-vous un déclic de cette séparation ?

Oui, c’est ça même si c’était quand même mieux en termes d’envie de jouer dans les deux derniers tournois. La priorité va vraiment être de retrouver mes bases, ma solidité, mon jeu de jambes, cette force physique qui fait que je suis dur à battre. Mais ça passe par la motivation, l’envie : c’est l’élément principal de ma pré-saison, retrouver mes points forts. A bientôt 30 ans, je sais beaucoup plus ce dont j’ai besoin.

Est-ce un soulagement d’avoir décidé de cette fin de collaboration ?

Je me posais un peu la question ces derniers temps, et évidemment ce n’est jamais idéal car c’est mieux d’arriver sur le terrain avec l’esprit tranquille, libre. Cela n’arrangeait pas les choses.

En Australie, ce sera encore le tennis sous bulle auquel vous avez eu du mal à vous faire… Allez-vous réussir à retrouver le feu sacré malgré tout ça ?

Cette pré-saison va déjà être hyper importante pour moi, pour me sentir prêt avant d’affronter tout ça. On sait maintenant à quoi s’attendre. Je sais comment je dois préparer mon équipe car je ne peux plus arriver avec trois ou quatre personnes comme j’ai l’habitude de le faire en Grand Chelem. J’ai une vision beaucoup plus nette de ce que ça va donner. Il faudra faire avec. Mais le plus important est de sentir que j’ai du volume, que j’ai pu bien m’entraîner, que je vais arriver frais.

Johansson a toujours crié haut et fort à quel point il croyait en vous. Vous y croyez toujours aussi ?

Oui, j’y crois toujours, j’ai le potentiel. Maintenant, est-ce qu’on va y arriver ? Il faut un peu de chance aussi, que tout se mette bien. Avec Thomas on a fait le maximum pour aller le plus haut possible en essayant de faire évoluer mon jeu. Et il me restera toujours quelque chose de Thomas aussi dans mon jeu et qui ira dans le sens de mes objectifs, qui seront toujours là avec le prochain coach aussi.