«De grâce, laissez-nous vivre comme nous l'entendons»

Tennis

Michel Dubois

Publié le

<i>«De grâce, laissez-nous vivre comme nous l'entendons»</i>
© Photonews
Lei Clijsters est écoeuré par la forme d'agression dont est victime Kim, mais aussi toute sa famille

BREE Les paparazzi! Ils rôdent, le doigt sur l'obturateur de leur oeil électronique, à l'affût du moindre grain à moudre. «La balade la plus anodine devient, pour Kim et Lleyton, sujet à extrapolations généralement malsaines, souvent malveillantes et toujours infondées. A la limite, Kim n'a même plus la latitude d'aller promener son chien tranquillement, à l'abri du regard froid d'une caméra, comme le ferait toute jeune fille de son âge soucieuse du bien-être de son animal favori. Sous prétexte qu'on est une star, n'a-t-on plus le droit à une qualité de vie décente? Ma réponse est bien sûr que si!. C'est la raison pour laquelle nous avons décidé de ne plus accorder la moindre interview personnalisée, à qui que ce soit, en dehors des plages prévues pour cet exercice de questions et réponses. Si nous opposons en permanence ce veto, courtois mais ferme, c'est parce que nous sommes trop souvent tombés dans des pièges. On nous appâtait avec des questions anodines puis on dérivait très vite vers le... scabreux.»

Le slip de Lleyton, la couleur de l'étron...

Tout pouvait faire farine à leur moulin: «A la limite, ils auraient été ravis de connaître la texture du slip de Lleyton ou la couleur de l'étron du chien de Kim!» Lei Clijsters est excédé mais surtout las. Las d'être harcelé, importuné par les solliciteurs professionnels de tout acabit aux arrière-pensées parfois bien... tortueuses: «Récemment, je me suis accordé l'insigne privilège de converser avec un ami. De tout et de rien mais surtout ni de tennis ni de foot. Le dialogue a duré une demi-heure. Quand j'ai raccroché, mon GSM me brûlait les doigts: sept appels en l'absence m'étaient parvenus. J'exagère... à peine: chaque jour, je dois gérer une bonne centaine de coups de fil. Le facteur dépose dans ma boîte aux lettres une trentaine de missives. Il est fréquent que des anonymes sonnent à la porte de mon domicile. Les sollicitations sont toujours les mêmes: on nous demande des photos, de l'argent. Trop, c'est trop...»

Même à l'époque où il avait couronné une formidable victoire malinoise en Coupe des Coupes d'un Soulier d'Or, le Malinois Lei Clijsters n'avait jamais courtisé les médias. Papa d'une championne de renommée mondiale, il est aujourd'hui, moins que jamais, résigné à céder aux diktats du star système.

«Vous n'imaginez pas le nombre de médisances ou de calomnies dont Kim a fait l'objet depuis son éclosion. Deux exemples étaient mes griefs. J'ai lu, tout récemment, que ma fille désirait s'expatrier définitivement au point d'adopter la nationalité australienne. C'est absolument faux: c'est l'Australie qui a évoqué ce sujet. Un ministre souhaite-t-il plancher sur un nouveau statut, celui de sportif de top niveau et interpelle-t-il Kim pour mieux cerner le problème? Les mauvaises langues en déduisent aussitôt que ma fille va encore gagner de l'argent supplémentaire! Comprenez que ces déductions indécentes puissent nous écoeurer...»

Kim Clijsters n'accorde donc aucune interview qui n'est pas dûment stipulée dans ses contrats. «Elle dispute vingt-trois tournois par an. Vingt-trois conférences de presse, donc. Certains estiment qu'elle chicane sa disponibilité. Mais chaque fois qu'elle revient en Belgique, elle se plie au petit jeu - collectif - des questions et réponses. On ne peut vraiment pas la suspecter de mauvaise volonté!»

En ne jouant pas le jeu des médias trop envahissants, Lei Clijsters ne s'est pas barricadé, avec morgue, dans son coffre-fort: il entend simplement, dans la mesure de ses moyens, protéger sa progéniture.

«Je réclame le droit à la qualité de vie. Je veux vivre comme je l'entends et non comme on veut me l'imposer.»

Qui pourrait l'en blâmer?

© Les Sports 2003

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